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Lost Vegas by Paul McGuire

Rédigé par Ewing le décembre 3rd, 2010, publié dans actu inter, extra, vu sur le web

« Redneck Riviera, conversations existentialistes avec des stripteaseuses, et les World Series de Poker »

C’est l’histoire d’un livre de poker. Oh pas de range d’ouverture, de 3bet light hors position,  cotes implicites ou fold equity, c’est l’histoire d’un mec, écrivain/blogueur/journaliste freelance, qui se retrouve embauché presque par hasard pour couvrir le plus gros tournoi du monde dans la ville la plus folle d’Amérique du Nord.

C’est un récit entre fiction et auto-biographie tellement certaines de ses histoires semblent romancées si ce n’est volontairement sans doute par l’érosion de son souvenir. De 2005 à 2008, Pauly Mc Guire nous conte 4 éditions WSOP ainsi que d’autres épisodes  à Las Vegas. Il nous fait pénétrer sans délicatesse dans l’impitoyable coulisse du monde du poker mais surtout de la ville de tous les extrêmes. Tequila, putes, drogue, bières, médicaments, stripteaseuses, rondelles de citron et marijuana sont les compagnons inséparables de ses expériences.

Entre anecdotes croustillantes concernant certains de vos joueurs favoris, discussions philosophiques nocturnes ou diurnes avec les effeuilleuses siliconées de Sin City et quotidien abrutissant d’un ouvrier du média WSOP, vous serez happé par ce récit voué à devenir un classique du genre.

Pour les passionnés de poker, Pauly nous livre son précieux regard de l’intérieur sur des épisodes WSOP comme l’affaire Tiffany Michelle, l’ébriété de Scotty Nguyen, le scandale « superuser » Ultimate Bet, la bulle spéculative du poker après Moneymaker, les exploits mégalomanes d’une prostituée médiatique mieux connue sous le nom de Phil Hellmuth, mais aussi les parcours chaotiques de joueurs moins connus comme Vinny Vinh, Eskimo Clark ou encore Archie Karas.

Malgré son format agréable en courts chapitres et l’excellent style de son récit, ce livre aura un gros défaut aux yeux d’une bonne partie d’entre vous, il est publié en anglais uniquement. Mais rassurez-vous, une traduction est prévue et c’est l’excellent Benjamin Gallen qui se charge de la mission. C’est pourquoi Slowrolled a contacté Benjo pour nous en parler lui-même.

J’ai lu Paul Mc Guire dire à quel point il était content que tu sois chargé de la traduction française, parle-nous de ta relation avec lui, comment l’as tu rencontré et quels liens entretenez-vous?

Au départ, j’étais juste un lecteur du blog de Pauly. En 2005 et 2006, ses reportages aux World Series of Poker ont apporté un vent d’air frais dans les médias poker assez consensuels. J’étais fasciné par ses écrits, et je m’en suis beaucoup inspiré, à la fois au niveau du style, mais aussi des thèmes abordés, qui différaient de ce qu’on pouvait lire d’habitude. En lisant Pauly, on avait vraiment l’impression de pénétrer en coulisses, d’apercevoir des choses qui ne devraient pas être vues, que les autres ne montraient pas. Il faisait partie de la poignée de gens dans le poker qu’on pouvait vraiment qualifier d’auteurs, dans le sens ou il avait une vision bien à lui. Il était (et est toujours) un indépendant, un franc-tireur qui pouvait dire tout ce qu’il voulait. C’est lors de l’EPT de Monte Carlo en 2007 que je l’ai rencontré. Je me suis présenté, tout timide (c’était un peu la star des bloggeurs ce gars là), et le courant est passé. Je crois qu’il était content et curieux de pouvoir rencontrer un fan étranger. Après, on s’est revu à Vegas pour le WPT du Bellagio et les WSOP, on a fait les 400 coups, on se soutenait mutuellement, et on est devenu très potes jusqu’à partir en vacances ensemble dès la fin des championnats du monde, à Amsterdam. Depuis, Pauly est mon ami le plus fidèle dans le poker, un mentor, un confident. Il m’appelle son frère, et je le traite comme tel. On est sur la même longueur d’ondes, avec le même dégout pour pas mal de choses dans le poker. On vient du même « endroit », ayant débuté comme fans, comme joueurs avant d’avoir envie d’écrire. Malgré la distance, on arrive à se voir régulièrement, rarement au même endroit, et souvent dans des circonstances qui n’ont rien à voir avec le poker – ces derniers temps je suis devenu fan de son groupe préféré, Phish, et j’ai cramé pas mal d’argent et de jours de congé pour aller les voir aux États-Unis, à Miami, Berkeley, Atlantic City… Et on fêtera la nouvelle année ensemble, à New York, devant Phish.

Du coup, après vous avoir raconté tout ça, il doit sembler logique que je me retrouve à traduire son bouquin. Mais en fait, ça avait commencé comme une blague. Le 1er avril 2009, Pauly annonce la sortie de « Lost Vegas », et publie le visuel de couverture. Je reprends l’info sur mon blog, et écris en plaisantant que j’ai d’ors et déjà récupéré les droits de traduction en français. Le lendemain matin, un éditeur me contacte ! Il s’agit de Jérôme Schmidt, lui aussi un ami très cher dans ce milieu, et fan de nos travaux, à Pauly et moi. Il a fait pas mal de trucs dans le poker (le documentaire « That’s Poker » avec Fabrice Soulier et Hervé Martin Delpierre en 2006, le lancement du magazine 52, entre autres) mais il est avant tout l’un des responsables de la maison d’édition Inculte, qui n’a rien à voir avec le jeu. Et du coup, il me propose de publier ce bouquin chez Inculte. C’est un cadeau du ciel, car cela signifie que le livre va sortir dans une « vraie » maison d’édition, et ne sera donc pas forcément cantonné au rayon « poker » des librairies.

Cela fait maintenant plusieurs mois que tu as annoncé sur ton excellent blog être sur ce projet. A quel rythme travailles-tu et quelles sont les difficultés que tu rencontres?

Pauly m’a fourni une version quasi définitive du manuscrit début 2010, et j’ai pris un mois de congé sans solde en février pour m’y mettre. J’ai avancé assez vite, mais pas aussi vite que je l’aurais voulu. J’ai repris des congés en mai pour continuer, mais après, il y a eu les WSOP et ses journées de travail de 16 heures qui m’ont complètement stoppé. J’ai poursuivi après les WSOP, en aout (à Los Angeles, en fait dans le bureau même où Pauly a écrit le bouquin, histoire de boucler la boucle). Là, j’ai presque fini… Enfin, quand je dis « presque », cela veut dire qu’il ne me reste plus beaucoup de pages à traduire. Quelque chose comme 15% du manuscrit. Mais en fait, je ne suis pas satisfait de tout ce que j’ai écrit, et je vais donc tout reprendre depuis le début, phrase par phrase. Je refuse à sortir autre chose qu’un truc parfait, fidèle à l’original.

Les difficultés sont multiples… Déjà, et c’est trivial, il y a le manque de temps. J’ai un boulot à temps plein, et des projets parallèles qui me tiennent à cœur et que je ne veux pas laisser tomber (mon blog perso, principalement). Après, il y a mon manque d’expérience : là où un traducteur pro peut enchaîner trente pages par journée de travail, j’ai du mal à en faire plus de dix. Et puis après il y a le travail de traduction en lui-même. Je savais que cela allait être difficile, mais pas à ce point. Constamment, il faut être en train de se demander comment tourner les phrases, les idées correctement. Il ne s’agit pas de traduire bêtement mot à mot, mais d’adapter en gardant le sens. La question que je me pose au détour de chaque mot, c’est « Si l’auteur avait été français, comment aurait-il dit cela ? ». Épuisant !

Peux-tu déjà annoncer une date de parution?

Pour les raisons citées plus haut, je suis en retard. Le livre aurait du être prêt pour novembre, mais il n’arrivera malheureusement pas avant 2011. Je croise les doigts pour qu’il atterrisse en librairie au printemps. Là, je dois saluer bien bas Jérôme (l’éditeur) pour sa patience et sa compréhension. Je vais y consacrer un maximum de temps en janvier et février, où le programme de mes voyages est un peu moins chargé.

La question promo: dis nous pourquoi tout le monde doit foncer acheter ce livre/ attendre ta version française. En quoi est-il essentiel à tout amateur de poker et/ou de littérature?

Pourquoi il faut acheter « Lost Vegas » ? Parce que je vais toucher un pourcentage sur les ventes !

Et aussi… Parce que vous n’arriverez pas à croire certaines des histoires qui y sont racontées. Parce que vous allez bien rigoler à quelques endroits. Vous allez être dégoutés, aussi. Parce que vous allez découvrir ou redécouvrir une époque charnière du poker, les années 2005 et 2006 où le marketing s’est emballé jusqu’à parfois perdre les pédales. Parce que vous allez y croiser plein de joueurs que vous connaissez, ou pensez connaître. Parce que ce bouquin est souvent bizarre, parfois c’est du n’importe quoi, parfois on ne comprend rien, mais on ne s’ennuie jamais. Parce que si, comme tant d’autres joueurs, vous vénérez Las Vegas, il serait quand même peut-être temps d’ouvrir les yeux sur ce qu’est réellement cette ville !

Merci Benjamin de nous avoir consacré une partie de ton trop rare temps libre  pour répondre à ces quelques questions. Slowrolled et ses lecteurs se réjouissent de pouvoir te lire bientôt. En attendant ruez-vous tous sur la version originale! (disponible sur Lulu.com et Amazon.com)

le blog de l’auteur

le blog de Benjo

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Ewing

Passionné de poker depuis 2006, joueur de cashgame online et organisateur de tournois live, je me lance dans ce nouveau projet, emballé par le concept et la team de collaborateurs de Slowrolled.com et suis sûr que vous allez tous kiffer!

commentaires (4)

  • 3 décembre 2010 à 13:46 |

    Je me réjouis de lire ça, de préférence en français. Ce serait chouette une parution juste avant les prochains WSOP

      [citer]

  • 3 décembre 2010 à 14:59 |

    Depuis le temps que je lis les anecdotes de Benjo concernant ce livre sur son blog, je suis impatient d'enfin parcourir cet ouvrage!

      [citer]

  • 3 décembre 2010 à 16:14 |

    Je suis dans le même cas que Frux, j'ai envie de dire : enfin !!

      [citer]

  • Bergi
    3 décembre 2010 à 19:25 |

    Benjo est à nous ce que Pauly est à Benjo :-)

    Un de plus dans les rangs des impatients!

    Merci pour l'interview.

      [citer]

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