De l’utilité d’une Playlist
Bon nombre de joueurs de Poker écoutent de la musique, via leurs écouteurs plus ou moins discrets. Le font-t-ils parce qu’ils sont de grands mélomanes, pour passer le temps, pour éviter d’être déconcentrés par les bruits extérieurs… cela a-t-il une véritable utilité dans leur façon de jouer ? Franchement, je m’en bats les couilles ! Dans cet article, je vous propose donc d’étudier l’utilité de la musique suivant une autre approche, celle de la bière et du pop-corn.
Lorsque j’étais jeune et certainement un peu con, j’avais l’habitude presque militaire d’aller boire des bières avec des copains au café du Cerf à Neuchâtel, ceci tous les week-ends bien entendu et le week-end commence évidemment le jeudi lorsqu’on est étudiant. Au café du Cerf (ceci n’est pas un article sponsorisé), vous pourrez déguster une très grande variété de bières provenant de tous pays, mais vous finirez normalement pas boire une pression… Pépé, le patron, qui est un petit homme très malin, nous offrait du pop-corn à volonté et, surtout, très salé ! Il n’était donc pas rare de nous mettre à trois ou quatre autour d’une chope de 5 ou 8 litres, que nous vidions à l’aide de durites, parce que le pop-corn de Pépé, eh bien il est gratuit… et aussi très salé ! Ca se passe comme ça au café du Cerf de Neuchâtel.
Si je vous raconte à peu près toute ma vie, c’est juste pour que vous compreniez pourquoi aujourd’hui, à chaque fois que je sens l’odeur du pop-corn, j’ai envie d’une bière ! L’inverse fonctionne aussi et cela signifie que l’odeur du pop-corn et le goût de la bière sont fermement ancrés dans mon cerveau.
Le processus d’ancrage est simple et naturel. Il consiste en fait à associer un état interne (émotion, ressenti) à un stimulus externe d’au moins un des cinq sens (ouïe, vue, odorat, toucher, goût). Ensuite, la simple présence du stimulus (odeur du pop-corn) suffit à faire revenir présent à l’esprit toute l’expérience (de buveur de bière of course), et ceci qu’elle soit bonne ou mauvaise (l’expérience, pas la bière ! Faut suivre !). Si, par exemple, avec chaque bière que j’ai commandée, on m’avait donné une paire de gifles au lieu du pop-corn, il y a fort à parier que je cacherais aujourd’hui ma tête entre mes deux bras à chaque fois que j’ouvre le réfrigérateur ! Il s’agirait alors d’un ancrage plutôt négatif.
L’exemple le plus célèbre d’ancrage est un ancrage olfactif décrit par Marcel Proust qui, dans son livre intitulé « A la recherche du temps perdu », décrit comment tous les souvenirs de son enfance reviennent à son esprit lorsqu’il déguste une madeleine.
Grace à différents outils, il est possible et même relativement facile de maitriser ce mode d’association que notre cerveau connait bien, pour en faire un processus conscient et très rapide. Ainsi, si l’on remplace l’odeur du pop-corn par le tube de l’été 19XX et la bière par une jolie jeune fille avec laquelle vous avez joué au docteur tout en écoutant ce fameux tube, il y a fort à parier là aussi que le seul fait d’entendre cette chanson vous fasse vous sentir un peu à l’étroit dans votre pantalon !
Prenez maintenant la musique que vous écoutiez l’année durant laquelle vous avez réussi un examen particulièrement difficile, votre permis de conduire, un entretien d’embauche ou quelque autre défi personnel. Certainement qu’aujourd’hui, quelques années plus tard, vous ressentez un sentiment d’invincibilité en réécoutant ces chansons ? Si votre réponse est « oui », et bien ces morceaux-la devraient figurer dans votre Playlist !
Maintenant que vous avez bien compris l’utilité d’une Playlist choisie attentivement, essayons d’aller un peu plus loin. Ce que vous pouvez faire en effet, c’est créer aujourd’hui les ancrages qui vous seront utiles demain. Admettons par exemple que vous remportiez un tournoi le week-end prochain. Vous serez alors extrêmement satisfait et fière de votre performance. Ayez alors à disposition une chanson, une seule, que vous ne connaissez pas encore véritablement. Vous pourrez alors écouter une bonne dizaine de fois ce titre tout en pensant à votre victoire, ce qui va créer l’ancrage recherché. Ensuite, cette « chanson-outil » pourra être utilisée au moment le plus opportun, afin de vous remettre artificiellement dans l’état émotionnel souhaité. Attention toutefois à ne pas en abuser, car si vous deviez essuyer un ou deux bad beats au son de cette même musique, votre encrage prendrait évidemment du plomb dans l’aile…
Gold-Mind









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commentaires (11)
Belle prose, qui explique très bien le processus d'ancrage. Moins sûr, par contre, qu'on puisse en créer un après coup. Mais suis prêt à tenter le coup, one time, même si jeme fais mordre par le chiende Pavlov !
c'est marrant, les trois fois où j'ai fait la fête à Neuch' étant jeune, c'était au Café du Cerf…
ezekiel[citer]
Merci patron !
En fait, le truc, c'est d'écouter le titre en boucle immédiatement après la victoire, par exemple pendant que les autres joueurs te félicitent… Inutile de mettre le volume à coin, il faut juste que ton cerveau associe cette musique à la satisfaction et la détente qui surviennent enfin après des heures de concentration.
P.S. On est jamais trop vieux pour aller au Cerf, surtout qu'on pourrait peut-être s'offrir maintenant autre chose que de la pression
P.P.S. De toute manière, il est bien connu que les bons joueurs de Poker résistent à la pression
Gold-Mind[citer]
Intéressant, ce dont tu parles c'est de la programmation neuro-linguistique (PNL).
|xDaY|[citer]
Bravo xDaY !
J'ai effectivement étudié la PNL à l'uni, dans le cadre des sciences de l'éducation, et l'ancrage en est un outil puissant…
Gold-Mind[citer]
Bravo? J'ai gagné un cadeau? C'était un jeu de hasard?
On peut faire des tournois dans la variante PNL, c'est pas interdit.
Bien à vous.
Mac
|xDaY|[citer]
Non mais LOL
Mac, sors de ce corps !!!
Gold-Mind[citer]
Article intéressant même si il ne répond en rien sur le fait d'écouter de la musique pendant un long tournoi.. C'est moi ou le sujet s'égare totalement?
On a l'impression qu'un missclick de copier-coller a mis l'introduction avec le mauvais article.
The Splinter[citer]
En fait, l'article de Frux répondra peut-être à tes attentes : http://slowrolled.com/chacun-sa-b-o-la-musique-po…
Le mien aborde un autre aspect de la Playlist, à savoir la façon de tirer avantage de bons ancrages auditifs (musique).
Mais si tu penses que je "m'égare totalement", c'est peut-être toi qui as subi un ou deux missclicks entre les oreilles
Gold-Mind[citer]
Encore une fois je répète que ton article est très intéressant, mais qu'il ne répond pas au titre et à l'introduction :
"Le font-t-ils parce qu’ils sont de grands mélomanes, pour passer le temps, pour éviter d’être déconcentrés par les bruits extérieurs ou cela a-t-il une véritable utilité dans leur façon de jouer ? C’est justement ce que je vous propose d’étudier dans cet article."
Tu "étudies" pas la question. Bref, l'article de frux répond d'avantage à ton intro.
Amicalement.
The Splinter[citer]
je dois plussoyer splinter là.
académiquement ton prof t'aurait dit la même chose que lui!
l'intro et l'article ne sont pas cohérent mais le reste de l'article est top
Ewing[citer]
Voilà les cocos !
Je viens de modifier l'intro pour vous satisfaire…
Gold-Mind[citer]