Head’s up avec… Eric Mazza
Éric Mazza est un personnage atypique dans le paysage du poker suisse romand : joueur professionnel peu connu du grand public, il n’en possède pas moins un parcours de vie riche en aventures de toute sorte. Interview.
Salut Eric, peux-tu nous faire une rapide présentation ?
Salut ! J’ai 47 ans, je suis marié et papa, depuis le 25 août, d’une petite Sienna. J’ai toujours évolué dans le monde du jeu. D’abord, comme “Junket” : j’étais commissionné par divers casinos sur la perte des joueurs que j’apportais. Puis, j’ai franchi le pas, j’ai acheté 1/3 d’un casino à Prague et après 50% de trois casinos au Ghana. J’ai tout vendu en 2007. Depuis, je joue essentiellement au poker.
Félicitations pour l’agrandissement de ta famille ! Peux-tu nous présenter ton parcours dans le poker ?
Je joue au poker depuis l’âge de 25 ans, à l’époque c’était le poker fermé. Comme, j’ai toujours évolué dans le monde du jeu, j’ai vu la montée en puissance du Hold’em . Cela m’a tout de suite plu et au Ghana nous avions instauré, en cash game, « un poker Ghanéen ». Le board était distribué carte par carte, cela donnait donc lieu à cinq relances. J’avais un peu d’avance sur les autres car je connaissais déjà les pourcentages. Puis, je me suis rendu au Maroc, c’était le no man’s land en matière de poker. Des parties de folies en CG, très chères, avec des vrais gamblers et même un oligarque géorgien qui nous prenaient en jet privé pour aller jouer avec lui. Une vraie réussite.
Tu es connu dans le milieu romand comme étant un des seuls joueurs live professionnel; comment en es-tu venu à faire de ce jeu ton métier ?
Mais je ne suis pas le seul ! Dans la région, nous avons aussi Guillaume Darcourt, Cynthia Axarlis et Philippe Narboni (en frontière française) et Slimane Mamèche (Annecy). Tous d’excellents joueurs.
Peux-tu nous décrire ta journée-type ?
La consultation des sites de news de poker, côté technique, j’aime bien limpers, et je lis le plus de livres possible. Mais avant tout, j’essaie de jouer le plus de parties live . La décision du TF pour ma part m’empêche de m’entraîner en tournoi.
Voyages-tu beaucoup ? Quels sont les endroits où tu préfères jouer au poker ?
Depuis, 2007 j’ai beaucoup voyagé : les Amériques, l’Europe et l’Afrique. Ma destination préférée est le Maroc. Les Marocains sont vraiment très accueillants.
Ça ne doit pas toujours être facile de porter l’étiquette de «joueur pro» quand tu disputes des tournois ici, en Suisse; est-il parfois difficile de sentir le regard des autres joueurs ? Quel rapport entretiens-tu avec eux ? Ressens-tu des jalousies?
Franchement, je n’ai jamais ressenti de jalousie envers moi, mais plus tôt dans la désignation des groupes du TSR (Team Swiss Romand). Pour l’étiquette, c’est une pression qu’on se doit de gérer. Je l’avais mentionné aux membres « élites » du TSR.
Quel regard portes-tu sur le niveau de jeu en Suisse romande, pour les tournois live ?
Toi qui es habitué à jouer des tournois internationaux, penses-tu qu’un joueur romand puisse tirer son épingle du jeu dans ce genre d’event ?
En voulant créer un team Suisse, j’étais persuadé qu’il y avait des talents en Suisse Romande. Les tournois en Romandie y contribuaient bien. Il leurs manquait l’expérience. Connaître les différentes techniques des Américains, Scandinaves, Latinos, etc… et surtout de se retrouver à une table avec un enjeu important et des joueurs inconnus. Là, on est bien obligé d’exploiter ses connaissances, c’est différent que de se retrouver avec les mêmes chaque week-end.
Tu nous l’as dit, tu es également connu pour avoir été l’initiateur du projet «Team Swiss Romand», comment l’idée est-elle née dans ton esprit à l’époque?
L’idée du team TSR est venue car j’avais constaté qu’il n’y avait rien en Romandie pour faire progresser les joueurs qui le souhaitaient. La constitution n’était pas si mauvaise à voir les résultats que certains membres ont effectués.
Quelles ont été les principales difficultés à la mise sur pied du Team ?
C’était comme la création d’une petite entreprise. Le staff, le site internet, les badges, etc… J’en profite pour remercier tout ceux qui y ont contribué bénévolement.
On en a beaucoup parlé, la loi suisse ne permet plus aux organisateurs de proposer des tournois publics. Cela signifie-t-il la mort de ton Team ?
Quel avenir vois-tu pour ce projet ?
Après la frustration du 2 juin, j’ai donné la priorité à la naissance de fille, mais je vais me mettre en quête de trouver un concept. J’ai des idées, par exemple une poker room d’un casino à l’étranger qui souhaiterai développer sa salle, etc… Après le FPS (France Poker Series), j’aurai plus de temps. J’aimerai faire vivre ce projet.
Sans parler du Team, que penses-tu de cette interdiction ?
L’interdiction est une aberration totale. Les casinotiers se sont battus sur un principe, un point c’est tout. Pour preuve, rien n’a été entrepris depuis par les casinos pour faire progresser les joueurs. Ils s’en foutent royalement et leur seul intérêt est la captation des joueurs pour le CG ou les jeux traditionnels. De plus, un croupier revient à environ chf 200.00 par jour à un casino, alors comment organiser des tournois à chf 100.00 ou chf 200.00. IMPOSSIBLE !!!
Es-tu confiant pour l’avenir ? Va-t-on, d’après toi, rejouer de manière légale, hors casino, en Suisse romande ?
Je suis de nature optimiste et j’espère que nos politiques comprendront leur erreur et rétabliront les tournois. Pour mémoire lorsque le peuple suisse a voté pour l’autorisation des maisons de jeux, il a fallu huit ans pour voir le premier casino en exploitation. Alors…..
Quelle serait la composition de la table finale que tu rêverais de jouer ? (Carte blanche pour toi ici: joueurs pros, amateurs, amis, famille,… tu peux choisir les participants que tu veux; avec une petite ligne d’explication sur tes choix, bien sûr !)
Lieu du tournoi : Pour moi la plus belle des tables finales serait un Big Event en Suisse
Siège 1 (dealer) : Eric Mazza
Siège 2 (SB) : Chris Ferguson
Siège 3 (BB) : Phil Ivey
Siège 4 :Léo Margets
Siège 5 :André Akkari
Siège 6 : Alexandre Kravchenko
Siège 7 :Andy black
Siège 8 : Davis Benyamine
Siège 9 : Roger Hairabedian
J’ai joué à la table de la plupart sauf Phil Ivey.
Ils ont tous un petit quelque chose de plus et lorsque l’on se retrouve à la table, on se dit il ou elle joue bien. Danger !!!
Question bonus : alors, Eric, doit-on te considérer comme Suisse ou Français (cf. ta ligne dans HendonMob) ?
Pour ma part, je me sens binational , je suis en Suisse depuis 45 ans. Mon frère a la double nationalité, je n’ai pas eu cette chance à 18 ans.
Merci pour tes réponses, Éric et… bonne chance aux tables et pour tous tes projets.
Maria Mazza n’est pas la fille d’Eric… Dommage !
La Thaïlande, nouvel eldorado du grinder online
Petite île déserte, eau transparente, bungalow sur la plage comme dans un décor de film de Di Caprio. Paradis à touristes fuyant la grisaille occidentale. Son coté obscur, plaque tournante du tourisme sexuel et instabilité politique.
Outre la carte postale, la Thaïlande devient depuis quelques temps une destination privilégiée de nombreux joueurs online (et ce n’est pas prêt de changer avec les législations style ARJEL). Slowrolled.com a retrouvé l’un d’entre-eux: un acteur discret de la scène romande du poker, Cédric P., 30 ans, comptable pendant dix ans et désormais ancien résident du canton de Neuchâtel.
Salut Cédric, pour nos lecteurs qui ne te connaissent pas encore, peux tu rapidement te présenter et surtout nous relater tes débuts et ton parcours dans le poker?
J’ai commencé à jouer au poker début 2007. D’abord en fixed limit. J’ai commencé aux plus basses limites et suis monté progressivement jusqu’en 3$/6$. Arrivé là, je me suis fait défoncer ! Après plusieurs grosses sessions perdantes, j’ai perdu toute motivation pour le FL et ai commencé à faire des sng à 11$.
Ensuite, je suis monté progressivement et je joue maintenant en 109$. Je multitable entre 6 et 8 sng 55$ ou 109$, uniquement des non-turbos.
Tu avais une vie bien réglée en Suisse, célibataire mais un bon travail, une situation stable; Quand et comment a germé en toi l’idée de partir et vivre des tes gains?
La trentaine approchant, je me disais que c’était le dernier moment de vivre une aventure un peu originale. L’idée m’est venue en découvrant le parcours d’autres grinders francophones qui s’étaient exilés en Thaïlande. L’entreprise dans laquelle je travaillais ayant déplacé la gestion comptable au Pays-bas, j’ai changé de poste début 2009. N’ayant aucune affinité avec mon nouveau travail et mes gains au poker étant intéressants depuis un certains temps, je me suis dit que c’était maintenant ou jamais.
En fait, la 1ère idée était de partir cinq mois en Thaïlande et finir mon trip par les WSOP, mais je suis tellement bien ici que j’ai décidé d’y rester. Je gagnerai le Main Event une autre fois ;).
J’imagine que se faire à cette nouvelle vie n’a pas du être sans accrocs, raconte nous ton arrivée.
Je suis arrivé à Bangkok début janvier. Une des premières choses que j’ai vues en arrivant c’est un chauffeur de taxi arrêté sur la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute en train de satisfaire un besoin pressant… Tout de suite on se rend compte que c’est pas la Suisse.
Je suis d’abord resté deux mois et demi à Bangkok, j’ai ensuite fait un long trip le long du Mekong et je suis arrivé à Chiang Mai mi-avril. J’y suis encore actuellement. Je n’ai pas de plan précis, mais je pense que je vais partir au sud début 2011.
Tu y vis depuis le mois de janvier, est-ce que tes revenus de poker subviennent facilement à tes besoins?
Oui, relativement facilement. En fait, il m’arrive de ne pas jouer pendant plusieurs semaines pour ensuite grinder intensivement. Je profite de visiter un peu la région. Je m’en voudrais de ne faire que grinder sans rien avoir vu du pays. Du coup, mes gains ne sont pas aussi élevés que ce que j’espérais, mais me suffisent pour vivre très bien ici.
De quoi est fait le quotidien d’un grinder online exilé à l’autre bout du monde? Es-tu un « nolife » ou as tu le temps d’avoir une vie sociale épanouie, raconte nous ta journée type.
J’essaie de me lever vers 8h. pour grinder les sng jusqu’à 13-14h. L’après-midi le trafic est très faible en sng, c’est presque que des regulars contre lesquels je n’ai soit pas d’edge du tout, soit un edge minime. J’en profite pour faire des courses, lire, aller au fitness, visiter ou faire quelque chose avec les potes (demain c’est paintball d’ailleurs).
Le soir, soit je sors, je joue, matte la TV, internet… Nous sommes une dizaine de joueurs francophones sur Chiang Mai.
Tu es spécialisé en sitngo, penses-tu avoir encore une grosse marge de progression ou envisages-tu d’explorer une nouvelle variante?
Je pense avoir une petite marge de progression, mais je constate que c’est peut-être du temps perdu que de continuer dans cette variante. Les adversaires font des erreurs, mais elles sont rarement très grosses, c’est souvent du 60/40 on va tout de même perdre 2 fois sur 5.
Il semblerait que la variante la plus intéressante et dans laquelle il y a pas mal d’argent à faire soit le cashgame heads-up. Je m’y suis mis dernièrement, je traverse des hauts et des bas, c’est relativement pénible. La façon de jouer un sng est très différente du cashgame, du coup j’ai pas mal de difficulté à m’adapter. On verra si je persiste.
Je sais que tu es loin de tout ça, mais que penses-tu de l’actualité du poker en Suisse et en Europe, l’évolution des législations live et online.
J’ai appris avec une grande déception la décision d’interdire les tournois hors-casinos en Suisse. Je trouve les arguments avancés pour justifier cette décision complètement hypocrites. Envoyer les gens jouer dans des casinos pour lutter contre l’addiction aux jeux, qui plus est des sommes plus importantes qu’ils avaient l’habitude de miser… Pas besoin d’avoir un grand sens de la logique pour se rendre compte qu’il y a comme un truc qui cloche. Je n’arrive vraiment pas à comprendre comment des gens ont pu décider ça.
Bref, indépendamment de savoir si le poker est un jeu de chance ou pas, c’est surtout le rôle social que remplissait ces tournois que j’estime être une grande perte. J’y ai rencontré beaucoup de passionnés que je n’aurais jamais connus sinon.
Sinon, pour ce qui est de la nouvelle loi française, je comprends que l’état veuille profiter de cette manne, mais le fait de cloisonner les joueurs entre eux à l’heure de l’ouverture des frontières et de la mondialisation est pour moi un non-sens.
Quels sont tes plans au niveau du poker et de ta vie personnelle pour les mois prochains? Envisages-tu de rester en Thaïlande? Et les tournois live ca te tente?
Je compte rentrer en Suisse en juin 2011 (me reste 17 jours d’armée à faire en juillet!). Sinon, je vais continuer à grinder tranquillement. Je ferai le point au moment de rentrer, si mes gains sont satisfaisants, je peux revenir en Thaïlande ou sinon, je recommencerai à travailler en gardant pleins de bons souvenirs.
Je crois que je ne serai jamais un bon joueur de live, je laisse trop transparaître mes émotions (mains qui tremblent, limite de la tachycardie lorsque j’ai un monstre ou que je bluff) et aussi, je n’ai pas la discipline que j’ai online, je peux passer des heures à fold des poubelles online sans problème. En live, le jeu est tellement lent que je suis tenté de jouer trop de mains et forcement faire une grosse bêtise au bout d’un moment. Il m’est arrivé de faire des erreurs en live que je ne fais jamais online.
Merci Cédric de nous avoir offert ces quelques instants, je te donne carte blanche pour le mot de la fin et te souhaite le meilleur dans ton grind online et un maximum de plaisir pour l’année qui vient en attendant avec impatience de te revoir au plus tard en juin 2011!
Bravo à Slowrolled pour tout le travail de qualité que vous accomplissez. J’espère que vous continuerez sur cette voie.
Mes salutations à tous vos lecteurs et toutes mes félicitations à Maxi, BigBingo et toi Ewing bien sûr pour vos récentes perfs (si quelqu’un d’autre que je connais a fait une perf’ dernièrement, désolé mais je suis pas au courant).
À la rencontre de clem2511, aka Clément Thumy
En 2007, après avoir accumulé quelques dollars sur d’autres sites, j’arrive sur Winamax, où je dispute mes premiers tournois en argent réel. Durant ces parties à enjeux modiques, j’identifie rapidement les joueurs « dangereux », réguliers de ces tournois. Grâce au forum Wam-Poker, notamment, je vais créer des liens avec plusieurs d’entre eux, dont un qui va se révéler très vite comme le plus prometteur : Clément Thumy.
Depuis cette époque, Clément a parcouru énormément de chemin, franchissant tous les obstacles pour s’établir comme le meilleur joueur français online, d’après le site Pocketfives, devant Elky notamment. Slowrolled.com vous propose, avant de faire connaissance avec Clément, de retracer son chemin :
Fin 2006, Clément commence à jouer, juste après son bac, apprenant avec grand plaisir, mais surtout avec un principe : ne jamais engager d’argent sur internet. C’est sur la plateforme Winamax, « locatrice » du réseau Ongame, qu’il débute sous le pseudo de « clem2511 ». Durant l’année 2007, il écume les freerolls, et se constitue rapidement un capital de départ. Peu après, il réalise sa première « perf », remportant 500$, une somme colossale pour sa qualité d’étudiant. Il retire 300€, puis repart, avec le solde, à l’assaut des tournois de 1$ à 5$.
Début 2008 : Clément enchaîne les performances. Toujours sur son site fétiche, il réalise plusieurs résultats à 4 chiffres en très peu de temps. Il fait son apparition dans les plus gros gagnants de la room, et Winamax décide logiquement de le sélectionner parmi la première fournée de ses « local heroes », une reconnaissance offerte aux gros joueurs – et gros gagnants – du site, qui leur offre des packages à prix préférentiels et une place dans l’ « antichambre du Team Winamax ». Cette année est fantistique, sous tous les aspects, pour Clément. À l’exception du Grand Tournament à 1040$, qu’un retentissant bad beat l’empêche de remporter et lui fait briser son ordinateur de rage, « clem2511 » a inscrit son nom au palmarès de tous les tournois, et est craint par tous les joueurs du réseau.
À court de challenge, Clément Thumy choisit logiquement de poursuivre sa route vers PokerStars, où les prizepools sont nettement plus gros, et de se mettre au poker live, dès la rentrée 2009. Je vous le donne en mille : les résultats ne se font pas attendre. En juin, il réalise la table finale au 1,000€ de Dublin. En novembre, c’est l’explosion : en live, il obtient la 2ème place à un tournoi à 2,000€ au cercle Wagram, à Paris, pour plus de 70,000$. Sur les tables virtuelles, il fait encore plus fort : le 1er novembre, il remporte le 100$ + Rebuys de PokerStars, remportant 82,000$, avant de s’imposer dans le tournoi réputé pour être le plus difficile du net, le Super Tuesday de PokerStars (1050$ de buy-in). Avec cette nouvelle victoire, au détriment de Yorane Kerignard (4ème à l’EPT de Copenhague) et de Kevin Eyster (vainqueur de l’EPT de Berlin) en table finale, ce sont 63,000 nouveaux dollars que Clément s’adjuge.
Alors que tout va pour le mieux, et que les requins de PokerStars se demandent qui est cet intrus qui vient régner dans leurs eaux, le rush de clem va prendre brusquement fin. « Dès le début du mois de décembre, alors que mon jeu était tout à fait au point, j’ai disputé 600 tournois multi-tables sans pratiquement faire de places ITM », nous explique-t-il. Au tarif de ses parties, l’addition peut très vite se révéler salée. Heureusement, Clément avait mis de côté l’argent gagné, et ne va jamais se mettre en danger financièrement. Cependant, cela lui aura permis de mesurer, si besoin était, la portée de la variance…
Grâce notamment au soutien de ses amis Hugo Lemaire et Yann Brosolo (on y reviendra), Clément remonte la pente, avec une place payée dans un side évent du PCA, aux Bahamas. Dans la foulée, il décide de disputer l’EPT de Deauville, où il met une telle pression sur ses adversaires que l’un d’eux juge opportun de partir à tapis préflop pour 80 blindes avec As-Valet. Muni d’As-Roi, Clément s’empresse de payer, découvrant avec horreur un flop JJ2 … Pas découragé pour autant, Clément se remet au travail, manquant de peu sa première performance à six chiffres, avec une 7ème place au 322$ NLHE des FTOPS XV, sur Full Tilt. Il terminera la série comme plus gros gagnant français, grâce à d’autres « petites » places payées. En parallèle, il se rend à Berlin, où il obtient un gain de 12,000€ grâce à sa 85ème place au Main Event, puis à Marrakech, où il remporte 6,000€ pour sa 7ème place au Side Event.
Un peu lassé du jeu en live (il a disputé 25 tournois en moins de trois mois), Clément se remet à l’assaut du poker online. Depuis lors, il multiplie les performances. Le 8 avril, il réalise une performance tout simplement incroyable : en moins de 24 heures, il remporte à la fois le 100$ Rebuy de Full Tilt (150 joueurs), le 30$ Rebuy du même site (350 joueurs) ainsi que le 50$ Rebuy de Titan Poker (200 joueurs) ! Un joli jour de paye, synonyme de plus de 30,000$ de gains … Depuis, Clément s’est qualifié online pour le WPT Paris (10,000€) et l’EPT Monte-Carlo (10,000€), où il n’a malheureusement pas terminé dans l’argent. Par contre, il a remporté plusieurs tournois online, dont deux fois le 100$ Rebuy. Il a également réalisé plusieurs places payées durant les SCOOPS de PokerStars, dont plusieurs tournois estampillés « High », à des buy-ins supérieurs à 2,000$…
Au total, Clément Thumy affiche 322,000$ de gains sur Ongame, 670,000$ de gains sur PokerStars (ROI de 63% !) ainsi que 250,000 sur Full Tilt. Sans compter Titan Poker ou PartyPoker…
Le classement des joueurs français online :
Bref, n’en jetons plus !
Le replay du 100$ rebuy sur FT, c’est ici !
TKPoker rejoint le Schweizer Skala
Vous l’avez peut-être lu ailleurs, ou l’avez appris lors du tournoi des Aces, il est désormais acquis que l’organisateur fribourgeois ThinKing Poker rejoint l’organisation de la Schweizer Skala. À slowrolled, on aime les choses bien faites, c’est pourquoi nous vous proposons aujourd’hui une interview vidéo d’Aydin, fondateur de TKPoker, qui vous permettra de mieux cerner les enjeux et les avantages de cette union à travers un petit historique de l’organisateur.
[entretien mené et réalisé par Frank "Frux" Bader pour slowrolled.com | © 2010]
Toujours pas compris ce qu’était cette Schweizer Skala ? Pas de souci, slowrolled est là pour vous. Nous avons mis la main sur les documents officiels qui lèveront les dernières zones d’ombre sur cette organisation. Voici le communiqué de presse:
« Chers joueurs, chères joueuses,
Nous sommes heureux de vous annoncer notre récente association avec le SchweizerSkala, réseau suisse alémanique de Poker.
Trois mots-clés décrivent ce nouveau concept : gloire, honneur et argent, dont une cagnotte, pouvant atteindre les CHF 240’000.-
Ceci est une exclusivité du ThinKing Poker car nous sommes le seul club romand à intégrer le réseau SchweizerSkala. Notre premier event sous ce système se déroulera lors du « Dream of WSOP » en juin prochain.
Nous serons heureux de vous accueillir lors de ce grand event special sur trois weekends et lors de nos prochains tournois SchweizerSkala.
Actuellement, 13 casinos ou clubs de poker (y.c nous) sont membres de cette organisation qui permet aux joueurs suisses d’accumuler des points pour atteindre une même cagnotte finale lors d’un ultime freeroll où seuls les meilleurs joueurs prendront part.
• Lors d’une cagnotte finale allant jusqu’à CHF 125’000.- Les 100 meilleurs joueurs prennent part à la finale
• Lors d’une cagnotte finale allant de CHF 125’001.- à CHF 192’000.- Les 150 meilleurs joueurs prennent part à la finale
• Lors d’une cagnotte finale allant de CHF 192’001.- à CHF 240’000.- Les 200 meilleurs joueurs prennent part à la finale
Période des finales SchweizerSkala 2010:
1) 2010/1 01.01.2010 au 30.04.2010 La finale a eu lieu le dimanche 09.05.2010 à 15h au Value Poker à Zürich pour une cagnotte finale de CHF 166’828.-
2) 2010/2 01.05.2010 au 31.08.2010 La finale aura lieu en septembre, la date et le lieu seront communiqués ultérieurement.
3) 2010/3 01.09.2010 au 31.12.2010 La finale aura lieu en janvier 2011, la date et le lieu seront communiqués ultérieurement.«
Toutes informations et renseignements complémentaires: TKPoker.
Rencontre avec Nicolas Dervaux
17 avril 2010, région parisienne. À l’occasion de la sortie de son livre autobiographique « À toute blind; Confessions d’un pro du poker » (éditions L’inventaire), « The Turtle » reçoit slowrolled chez lui et nous accueille dans l’intimité de son bureau. Le joueur professionnel, membre de la team Unibet, poker coach, nous parle en toute sincérité de son parcours atypique qui l’a amené à fréquenter intensivement les tables de poker. Joueur de cash game, participant aux plus grands tournois du circuit européen, Nicolas Dervaux se livre aux lecteurs de slowrolled sous la houlette experte de Frank « Frux » Bader. Appréciez ces moments de simplicité dans l’intimité d’un personnage discret, loin des paillettes, mais qui sait, le moment venu, refermer sa mâchoire sur le poisson égaré.
dudumasta, une année exceptionnelle
Victoires aux Masters Fripoker et au Winter Event, deuxième place au Spring Event 2009, les douze derniers mois d’Umut « Dudumasta » Duman ont été exceptionnels en terme de performances lors de grands tournois. Slowrolled a rencontré ce joueur sympathique afin de mieux vous le faire connaître.
Salut Dudumasta, peux-tu te présenter en quelques mots?
Mon vrai nom est Umut Duman. Je suis originaire du sud de la Turquie et je suis arrivé en Suisse il y a 17 ans. Je suis diplômé de la faculté des sciences économiques et sociales à l’Université de Fribourg. 30 ans, marié, etc.
Quelle est l’origine de ton pseudo?
Il y a quelques années de cela, lorsque j’étais étudiant, je travaillais à Manor (comme job d’étudiant), et mon chef et certains de mes collègues avaient du mal à prononcer mon prénom. Ils ont décidé de m’appeler Dudu (prononcez « doudou », NDLR). Ensuite beaucoup de mes amis m’appelaient de cette façon, et j’ai encore ajouté le « Masta » en référence à un rappeur français. En fait, je n’ai pas beaucoup réfléchi quand je me suis inscrit sur le site « buyin.ch » pour mon premier tournoi et au fil des années j’ai préféré garder ce pseudo.
Quel est ton parcours de joueur de poker?
J’ai commencé à m’intéresser au poker à la fin 2006, quand ce dernier est devenu vraiment populaire. J’ai commencé à prendre part dans les parties de cash-game. Ensuite j’ai joué beaucoup de sit’n'go où je faisais suffisamment de résultats. J’ai joué vraiment peu de tournois étant donné que j’étais pas très disponible les week-ends (foot, boulot).
Cash game ou tournoi?
Je dirais que je suis plutôt un joueur de cash-game avant d’être un joueur de tournoi. Cependant, j’adapte assez facilement mon jeu dans les tournois deepstacks. Mais il est vrai que j’ai plus joué en cash-game qu’en tournois.
Joues-tu beaucoup online? À quelles limites et dans quelles variantes? Et en live?
Je ne joue pas beaucoup online, j’ai du mal à rester devant mon ordinateur durant plusieurs heures. Je perds souvent patience et je commence à faire n’importe quoi. J’ai énormément de difficultés à rester concentré devant mon ordinateur. En plus de cela, j’aime le côté social, et humain du poker en live. J’aime bien discuter, rigoler autour et faire connaissance avec d’autres personnes.
Quelles sont les principales différences, selon toi, avec le jeu live?
Pour moi « Poker is Poker ». Si on est bon en live, je pense qu’on est aussi bon online. Après, ce sont les préférences des joueurs qui entrent en ligne de compte. Online, on a plus de difficultés à capter les « tells » alors que ceci est à mon avis plus facile lorsque le joueur est en face de vous. Personnellement, je préfère jouer en live.
Tu viens de vivre une dernière incroyable en MTT avec notamment une 2è place au Spring Event 2009 et deux victoires début 2010 (aux Masters Fripoker et au Winter Event); comment expliques-tu ces succès?
Je n’ai pas d’explications particulières pour ma seconde place au Spring Main Event et mes victoires au Winter Event et au Masters. Durant les 3 tournois, j’ai été chaque fois shortstack en table finale et j’ai énormément patienté. Au Spring Event en final day, j’étais classé 62/66 et j’ai eu la chance de doubler assez rapidement en début de journée et j’ai réalisé cette performance. Mais je tiens à préciser que cette seconde place a laissé un goût amer car j’étais convaincu que j’allais remporter le head’s up contre Said.
En ce qui concerne le Winter Event, j’avais déjà plus d’heures de tournois à mon actif, et je pense que j’avais largement amélioré mon jeu. Commençant la TF avec juste 10 BB, j’ai réussi à remporter le tournoi. J’étais très satisfait car je pensai avoir confirmé ma seconde place au Spring Event, et ce n’était pas que de la chance. Et le Masters: c’était la cerise sur le gâteau. Que de bons joueurs dans le field et surtout en table finale. J’ai eu beaucoup de chances en sortant victorieux de tous les coinsflips que j’ai joué et voilà…
Parmi ces performances, quelle est celle qui t’as le plus marqué? Pourquoi?
Je pense que la victoire au Winter m’a marqué plus que les deux autres. Tout simplement, je venais de confirmer ma performance du Spring Event. Et la première place aux Masters était la consécration des deux autres évents que j’ai joué. J’ai fait 4 évents majeurs chez Fripoker et j’ai réalisé trois performances. What else?
Comment définirais-tu ton style de jeu? Quelles sont tes principales qualités de joueur?
Dans les parties de cash-game, j’opte pour une stratégie très agressive. En ce qui concerne les tournois, j’adapte assez rapidement mon jeu et je joue d’une manière plus disciplinée. Pour mes qualités de joueur: j’arrive assez bien analyser mes adversaires et lire leurs jeux et j’arrive également varier mon jeu en fonction des types de joueurs à la table. Je suis assez discipliné, et après un mauvais coup, je préfère sortir prendre de l’air que de rester à la table et commettre des erreurs.
D’une manière générale, que penses-tu du niveau du poker en Suisse romande?
Le niveau du poker en Suisse romande s’est nettement amélioré depuis ces deux dernières années. Il suffit de voir les joueurs fribourgeois qui se sont qualifiés pour les EPT et les WSOP. Je pense sincèrement qu’on a de très bon joueurs à Fribourg. En ce qui concerne les autres joueurs de Suisse romande, je ne les connais pas vraiment étant donné que je ne fais que très peu de tournois dans les autres cantons.
As-tu des ambitions ou des rêves en rapport avec le poker? As-tu déjà pensé devenir pro?
Devenir pro? Pour l’instant c’est juste un rêve lointain. Tout d’abord j’aimerais bien faire des tournois à l’échelle internationale.
Que penses-tu du développement du poker en Suisse?
Le poker a pris une telle amplitude que dans chaque ville, et ceci, tous les jours de la semaine, on peut pratiquer notre passion. Rien que dans la ville de Fribourg, on peut compter quatre organisateurs, et sept ou huit dans tout le canton. Il y a deux ans la demande dépassait l’offre, aujourd’hui la situation s’est inversée. Je pense que cet intérêt pour le poker a largement amélioré le niveau du jeu des joueurs suisses. Peut-être qu’un jour, on aura un champion du monde suisse ou Turco-suisse (rires).
Y a-t-il un joueur que tu admires sur le circuit pro?
Étant donné que je me considère d’abord comme un joueur de cash-game que de tournois, mon admiration est plutôt du côté des joueurs de cash-game. Y en a beaucoup. Antonius, Ivey, Durr, Elky, Esfandiari, Hansen, Kenny Tran,… En fait, je n’apprécie pas tous les joueurs qui jouent de manière très tight, tels que Ferguson, Lederer, ou encore Hellmut…
Trashtalk or not trashtalk?
Je ne suis pas un joueur qui parle beaucoup à table, donc plutôt non…
Question joker: qui sont les joueurs romands que tu redoutes autour d’une table?
Je ne redoute personne, au contraire je les respecte. À Fribourg, il y a beaucoup de bons joueurs. Si on commence à redouter un joueur, alors il faut à tout prix éviter de jouer des coups contre ce dernier, et ceci me paraît absurde.
Merci Dudumasta pour ces réponses empreintes de franchise. Slowrolled te souhaite de rééditer tes performances en 2010, GL !
entretien mené par ezekiel |© 2010














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20 juillet 2011 : These are the November Nine !