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« Ragnarok1er », le stakhanoviste du poker (2/2)

Rédigé par Bergi le novembre 19th, 2010, publié dans extra, portrait et interview

Avertissement au lecteur :

Après un premier volet fortement teinté de philosophie, c’est une suite beaucoup plus technique et mathématique que je vous propose. Cette plongée dans l’univers impitoyable de Ragnarok, version 2010, sera très longue et requiert quelques connaissances techniques, sous peine d’être quelque peu incompréhensible. A présent, reprenons, si vous le voulez bien.

Tout commence avec une avance rapide jusqu’à la fin 2009. Non que William ait cessé de jouer dans l’intervalle, vous vous en doutez bien, mais simplement qu’en cette veille de Noël, il prend conscience de ne pas faire usage de l’intégralité de ses capacités, et même de stagner. Fort de ce constat, il prendre des mesures drastiques afin de se dicipliner :

« J’ai légèrement fait le crétin en cash game ces derniers jours et perdu pas mal, au point d’être presque un peu triste. Mais, et c’est presque plus important encore, j’ai l’impression de stagner depuis quelques mois. Je pense savoir pourquoi : je joue trop peu et je réfléchis trop peu.

J’ai donc créé un blog, pour reprendre un peu le chemin du grind et réfléchir à des mains et, qui sait, écouter des avis différents du mien.

La première chose que j’avais faite après avoir gagné mon premier dollar à coups de freerolls, c’était un heads-up à 1$, et c’est toujours ce que j’ai préféré. En plus, je pense être bien meilleur que la moyenne avec un tapis de 10 à 30BB, ce que je ne peux pas exploiter en cash game.

J’ai donc 1000$ sur une skin Ongame, BetSafe.  Je vais tenter de grinder intelligemment jusqu’à 15’000$, et puis ensuite on verra bien. Je commence directement aux HU108$, parce que je peux reload si je me broke, et de toute façon je ne me brokerai pas puisque j’y suis largement gagnant. Et aussi tout simplement parce que je n’ai jamais été un modèle de bankroll management, de toute façon.

C’est parti ! »

Les débuts se passent très bien : une conjugaison de réussite en SNG HU, quelques mains lucratives en cash game ainsi que de nombreuses sessions de heads-up par équipe avec un coéquipier de Wam-Poker, Kroktachon, font qu’en moins de temps qu’il en faut pour l’écrire, « Ragnarok1er » se reconstruit le premier pan d’une solide bankroll. Un bonheur n’arrivant jamais seul, il se qualifie également pour ce qui est devenu comme un rendez-vous incontournable du circuit, la Caraibbean Adventure de Pokerstars (PCA), aux Bahamas.

Aussi excité qu’on peut l’être à l’aube d’un premier tournoi live de cette envergure, William sait qu’il aura bien de la peine à tirer son épingle du jeu dans un MTT, qui plus est dans celui où le field s’annonce comme l’un des plus relevé de tous les temps. Mais, au-delà du fait de pouvoir briguer les deux millions de dollars promis au vainqueur, « Ragnarok » se fixe des objectifs bien à lui, dignes successeurs de son fameux poker panache :

«D’abord, je veux être éliminé sur une main où, au moment où je mettrai mon dernier jeton, je ne suis pas drawing dead. Il faut se laisser la place de chatter! Ensuite, je veux réaliser un « missclick live », en mélangeant mes gros et mes petits jetons volontairement, afin de tirer un avantage de mon inexpérience en live. Ainsi, lorsque je « serai max », un jeton de 5000 pourrait « malencontreusement » se cacher parmi mes jetons de 100… »

Pour débuter la partie, William ne tire pas la table la plus facile. Bon, y a-t-il vraiment des tables « jouables » au PCA? Pas sûr. En ce Day 1, il va devoir affronter trois PokerStars Pro en les personnes de Greg « Fossilman » Raymer, Katja Thater et Maxim Lykov. Presque pire, on a envie de dire, il devra subir les assauts répétés des monstres online que sont Alex Krajting et surtout djk123.

Mais, grâce à un jeu simple et sans fioriture, « Ragnarok1er » fait monter gentiment sa pile de jetons. Plutôt occupé à coucher ses cartes, il a le temps d’emmagasiner les anecdotes :

« Notre premier dealer nous a raconté deux histoires : La première est la raison pour laquelle il ne deale plus aux WSOP. Il y a 12 ans, et alors qu’il travaillait chez eux depuis très longtemps, il s’est fait agresser derrière le casino. Les responsables de celui-ci ont mis 25 minutes à appeler la police alors qu’il saignait. Le temps de détruire des cassettes des caméras de sécurité, pour qu’il ne puisse pas les attaquer en justice… La deuxième, c’est une histoire d’un WPT pour lequel il dealait depuis 16 jours d’affilée et n’arrivait plus à faire les calculs les plus basiques. Daniel Negreanu a alors été super sympa et l’a aidé à compter les chips, lui chuchotant les montants toute la journée!

- Katja Thater a été de loin le/la pire joueur/-se de la table. Elle se levait tout le temps pour aller chercher à boire et faire des trucs sur son téléphone, et le reste du temps, c’était la pire nit de l’histoire. Elle a dû jouer 7 mains dont la journée, dont 4 fois AA qu’elle a pu amener au showdown, parmi lesquels 3 all ins, un au flop contre un flush draw et 2 « overs » et 2 préflop. J’imaginais avoir un HUD avec les stats au dessus des têtes des gens, et elle devait jouer 2/1.5/0. J’ai foldé AQo sur sa relance préflop horaire, et Antoine Amourette s’est empalé en 3-bet shovant KQo. Elle avait AA bien sûr, et toute la table a rigolé. Worst spot ever. J’avais commenté un thread de 2+2, en déclarant qu’elle était la plus grosse nit que j’avais jamais rencontrée. Au Day 2, elle viendra vers moi, sourire aux lèvres, avant de me dire : « Nice thread on 2+2! ».

- Sinon, Greg Raymer a été super sympa. Et puis il comprend les maths, c’est pas un live pro qui va limp/fold pour 7BB. Le summum, c’est lorsqu’il dira « Vive le roi » en français quand je lui prendrai un coup sympa. Si c’est pas la classe, ça…

Un mot sur mon jeu, maintenant : mon idée était de faire le maximum de choses au début pour passer pour un nit à faible prix. Ce que j’entend par là c’est que dès qu’un spot me permettrait d’améliorer mon image en ne perdant pas beaucoup, je me prendrais. Exemple : Un coup avec 4 limpers, je suis en SB, je vois 85o, je jette plutôt que de compléter avec ces cotes de fou, et je passe pour un nit (un peu idiot, mais un nit quand même). Et ensuite, je comptais capitaliser sur cette image en trouvant des spots à grosse EV où un nit aurait une fold equity énorme parce qu’il ne pourrait qu’être sérieux. Et ça a marché, plutôt 3 fois qu’une.

La plus prolifique, c’est lorsque j’ai tourné 99 en bluff sur un flop 643, UTG mise 2800, UTG+2 passe, et je fais… une relance à 8’400! En fait je pense parfois être bon sur ce flop (TT+ assez possible chez UTG, 2 paires assez possibles chez les blindes), mais si je call je suis dans le noir complet et la turn est pratiquement toujours mauvaise pour moi (à part un 8 et un 9). Or, vu l’action préflop, c’est un flop à sets. Que va jouer un nit après une raise early et un call? Des paires uniquement, ou presque. Donc je tourne ma main en bluff, Raymer fold, SB fold, Alex en BB tanke pendant bien 5 minutes et fold, et UTG insta-fold. On discutera de la main avec Alex peu après, et il avait 63. Et le dealer de dire à mon sujet : « With the way he’s been playing, he had to have a set ».

Hélas, je perdrai aussi un gros coup : avec mon image, j’avais décidé de placer un cold 4-bet light à un moment opportun… Et celui-ci arriva :

Relance de djk à 1200 en 200/400/50 au hijack, 3-bet de Phil à 3300 au cutoff, fold fold et je suis en BB avec K3. Une des deux choses que je voulais faire c’était un cold-4-bet light, parce que déjà ça sonne bien, et puis avec une bonne image il faut quand même me mettre sur QQ+. J’ai encore un blocker, une main injouable, et je 4-bet donc à 8800, très confiant.

Le résultat? Djk fold, et Phil réfléchit assez longtemps… Pour finalement 5-bet à 30’000… Avec 88! OWNED. J’en ai discuté après coup pour savoir s’il avait remarqué un tell ou quelque chose, mais en fait il m’a surtout donné trop de crédit pour être un bon joueur. Il a dit qu’il savait que je savais que lui et djk seraient light dans ce spot car ils se bagarraient pas mal et jouent sur le net (et moi aussi a priori), du coup mon range de 4-bet devait être light aussi. Je ne peux que m’incliner face à cette analyse.

Je finirai le jour 1 avec 45,000 jetons, ce qui est un bon résultat compte tenu des circonstances. Malheureusement, je devrai m’incliner au Day 2, lorsque John Duthie aura touché son xième set de la journée après avoir limp une main sur deux.

Avant de refermer le chapitre PCA, notons une dernière facétie de notre champion :

Au day 1A, j’ai eu du mal à m’intéresser aux coups que je ne jouais pas, surtout vers la fin de la journée. Pour ce Day 2, je me suis donc construit un HUD en papier. Dessus, je noterai au début de la journée le stack de chaque joueur pour éviter des erreurs bêtes, puis j’indiquerai d’une barre une relance préflop, d’un « 0″ un call, d’un « 3″ un 3-bet et d’un « 4″ un 4-bet. J’ai aussi un espace prévu pour des notes plus spécifiques, comme une line non-standard avec une grosse main. Par contre je ne vais pas noter des trucs du genre « grosse station ». Déjà des joueurs pourraient le voir, et puis je suis quand même assez intelligent pour retenir ça de tête. En ce Day 2 avec 45 blindes au départ, pas mal de choses se joueront préflop, et je pense que maximiser mon attention sur les fréquences et les ranges adverses est une très bonne stratégie.

En photo, cela donne :

Riches en souvenirs mais pas très lucratif, le voyage touche déjà à sa fin. Il est l’heure de rentrer en France, pour continuer dans l’impitoyable ascension de la bankroll en ligne.

Notez, puisque je ne l’ai pas encore signalé, que William joue désormais à plein temps. Achevant son cursus de formation académique de mathématique, il doit en effet préparer son agrégation en vue d’enseigner… Du moins officiellement.

Car aux équations et dérivées, Ragnarok semble bien privilégier position et équité. Ce n’est ainsi pas pour ses futurs élèves qu’il songe à concocter un emploi du temps hebdomadaire, mais bien pour … lui-même. Voyez plutôt :

Avant de le prendre pour un dégénéré total, lisons au moins son explication :

Je pense qu’un de mes défauts dans mon approche au poker est de trop jouer et de ne pas assez réfléchir au jeu. C’est à la fois un problème car je progresse moins vite que je pourrais, et une bénédiction car la raison de cet excès est mon amour du poker toujours intact. Je joue depuis 3 ans maintenant et j’aime toujours autant ça. J’aime quand les runner runners rentrent. J’aime quand un 4-bet light passe. J’aime quand je value bet avec 3ème paire. J’aime quand je floppe un brelan. J’aime quand j’entraîne un shove en limpant avec AA au bouton. J’aime le HU, j’aime le PLO, j’aime les tournois. J’aime le short stack. J’aime tout ça et plus encore, et c’est pour ça que je joue tellement.

1) Un « cours » de 3 heures, sous la forme de vidéos, pour se réveiller en douceur.

2) Un repas à heure fixe pour ne pas se décaler au cours de la semaine comme il m’arrive trop souvent.

3) Un « TP » de 4 heures, pour mettre en pratique les leçons du matin.

4) Des « devoirs » d’une heure avec l’analyse de la session passée.

5) Le repas du soir, si possible pas devant l’ordi.

6) De la détente ou une session bonus (seulement si j’ai encore l’envie de jouer).

7) Un coucher à une heure raisonnable pour repartir du bon pied le lendemain.

Notons la « session bonus » : en effet, quoi de mieux comme petit plaisir qu’une partie de poker, après une semaine complète à étudier le poker? Plaisanterie mise à part, les voyants financiers sont au vert :  durant ces premières semaines de 2010, William a transformé ses 1,000$ de départ en 11,000$, dont 9000$ sur son site principal.

Au-delà de la folle réussite de janvier, c’est durant le début du mois de février que survient le « déclic » 2010 dans la vie de « Ragnarok1er », conditionnant une année 2010 de tous les records : le Rakeback.  Non que William ait été assez bête pour en ignorer l’existence auparavant, mais avec sa nouvelle philosophie de jouer autant que l’entendement le permet, il saisit la portée que peut avoir le rakeback en terme de profits. Il l’explique, de la manière la plus pédagogique possible :

« Ce mois-ci, j’ai joué majoritairement sur Betsafe. Le site possède un système de points comparable aux miles de Winamax, dont le fonctionnement est le suivant : chaque $ de rake (la taxe prélevée par le site) en tournoi donne droit à 5 points. Ces points sont ensuite reconvertis en dollars selon un statut VIP, dans la même veine que les « Diamond X carats » de Winamax ou les niveau de fidélité de Pokerstars (BronzeStar, SilverStar et ainsi de suite) :

Le statut « Diamond » de BetSafe, qui est un statut annuel que j’ai acquis il y a un certain temps maintenant, permet de bénéficier d’un cashback compris entre 30 et 40%. Cette fourchette s’explique par une sorte de distinction interne entre les statuts « Diamond », un peu comme les carats Winamax. Pour ma part je suis maintenant au plus haut niveau, et dispose donc des 40%, comme vous pouvez le voir.

Il s’avère que ce chiffre de 40% est en fait une estimation par le bas qui ne s’avère juste que pour le cash game. Il est bien rare qu’un site fasse une sous-promotion de ce qu’il offre, mais c’est bien le cas ici. Peut-être à cause de règles qu’impose Ongame à ses plate-formes, qui sait?

En réalité donc, pour un joueur de SnG exclusivement comme moi, bénéficier du meilleur statut « Diamond » rapporte bien plus que ces 40%. Laissez-moi vous le prouver grâce au petit calculateur de cash back intégré au site. Ce mois-ci j’ai accumulé 78435 points, ce qui signifie que j’ai raké 15 687$ (oui c’est beaucoup, et oui c’est dans la moyenne de mes mois). Voyons à combien de cashback cet amas de points me donne droit : Hoho, 8715$! Pas mal du tout. 8715/15687 = 55,55%, un taux déjà très honorable!

Mais ce n’est pas tout ! Betsafe propose également une course basée sur les points accumulés dans un mois (donc en clair, sur le rake). Cette course, donc, je l’ai remportée en janvier dans la catégorie tournois (il y a une course pour le cash game et une course pour les tournois, y compris les SnGs bien sûr), et j’ai donc empoché 3,000$ supplémentaires.

Enfin, il existe une course « privée », organisée par chaque affiliateur. A deux jours de la fin du mois, j’ai dépassé mes deux concurrents principaux, et j’ai donc également remporté cette course, pour un premier prix non négligeable de 1650$. »

Faisons les comptes, si vous le voulez bien :

En rakeback pur, sur les 13859,80$ taxés, William récupère 7699,86$.

Ajoutez à cela les 3000$ et 1650$ de « rakerace », et l’on obtient pas loin de 12’500$… soit un nouveau record de 89,1% de rakeback!

Cela signifie deux choses : d’abord, grâce à ce biais, Ragnarok peut se targuer d’un rakeback effectif qui est bien plus élevé que ce dont quiconque pourrait vous proposer.

Surtout, cela fait que quelque soit son bilan mensuel, ce bonus de plus de 12’000 dollars s’ajoutera à son résultat. Même en obtenant un profit nul (« breakeven », dans le jargon), il s’octroie donc un salaire honorable à cinq chiffres. Mais William ne s’en contente pas : malgré toutes les taxes payées au site, il conclut le mois avec un solide profit au niveau du jeu pur :

Ajoutez à cela les 12’000 de rakeback, et vous obtenez un salaire mensuel de 35’000 dollars ! En deux mois, sa bankroll de 1,000$ s’est donc transformée en près de 50,000$ sonnants et trébuchants, et cela se passe de commentaires.

En mars, Ragnarok se trouve une nouvelle passion :

Tous ces chiffres, c’est la retranscription de l’équilibre de Nash du jeu push/fold en HU avec 10BB ou moins. En haut les pushs, en bas les calls.

« Je ne viens pas de découvrir tout cela, bien entendu. J’ai tout de même fait quelques découvertes en l’apprenant par coeur, comme le fait que 8 et 2 dépareillé soit un fold au bouton, avec 2 big blindes. Mai je n’ai pas fait cette feuille juste « pour le fun ». Les chiffres que vous voyez sur cette page sont en fait la résolution mathématique du poker entre 0 et 10 big blindes, soit la résolution mathématique de ma nouvelle passion, que dis-je, ma nouvelle drogue, j’ai nommé les HU Super-Turbos.Je savais qu’ils existaient sur le lointain territoire d’iPoker, mais ils restaient pour moi un fantasme, car je ne souhaitais pas me lancer sur un nouveau réseau. Mais, alors que je me lançais pour une petite session de Rush Poker sur Full Tilt, je les découvris, bien cachés entre les HUs turbos et les regulars.

Pour ceux qui ne connaissent pas, les Super-turbos sont le royaume du poker préflop. Là où le Mad-tilt all-in est une loterie stupide avec ses stacks de 3BB, les Super-turbos offrent une petite place pour un edge, avec 10BB au départ. Ayant été short-stackeur pendant longtemps, je ne peux qu’apprécier ce format!

Tout va vite, très vite, et les parties s’enchaînent au rythme d’une par minute environ. Le software de Full Tilt est un délice avec le bouton « I’m ready » pour démarrer plus vite le tournoi, et l’ultra-important bouton « rematch », pour demander une revanche que l’on se voit rarement refuser. Heureux étaient les temps où ce bouton sévissait sur Ongame. Hélas comme tant d’autres choses, il fut banni par la downgrade à la version 5 et ne revint jamais. Hum, je m’égare…La question que je me posais, donc, était de savoir si ces Super-Turbos pouvaient être battus, en d’autres termes si l’on pouvait y réaliser un profit régulier. Je me suis donc lancé dans l’aventure, au buy-in le plus élevé : 160+4$. Le rake de 2.5% seulement me donnait bon espoir, mais les chances étaient réelles de tomber sur une armée de sharks utilisant Nash et ne laissant aucune place au profit. »

Ainsi, comme toujours quand Ragnarok se lance dans quelque chose, il le fait à fond, disputant 1’300 SNG en … trois jours.

Mon verdict est le suivant : Il est impossible de faire mieux que break-even, en comptant le rakeback, dans les Super-turbos à 160$…

… Wait for it …

…en Hold’em! Car en Pot Limit Omaha, c’est en effet tout à fait réalisable! Mon sample size est d’environ 800 SnGs en hold’em et seulement 500 en PLO, mais c’est suffisant pour affirmer ceci :

1) Les gens font très peu d’erreurs en hold’em, jouent principalement du push or fold avec des ranges correctes, et même avec une bonne game selection, les erreurs des fishs sont au mieux marginales. Je parle des 160$, cela dit. Pour ceux qui veulent de l’argent facile, faites votre propre feuille de push/fold, allez aux 14$, et imprimez de l’argent. Les gens limp-callent 10BB avec 87s, des choses comme ça… Attention toutefois, la variance est hallucinante car votre edge sera toujours très petit. Il faudra donc faire un volume de fou, mais à terme le profit est assuré..

2) En PLO par contre, le traffic est certes moindre, mais j’ai vu des plays vraiment horribles. L’impossibilité de faire tapis avant le flop force les fishs à jouer au flop, où ils ont manifestement beaucoup de mal à comprendre quelle est leur équité. J’ai vu énormément de coups se dérouler ainsi : Fish raise 3BB, je call, je floppe un draw moyen avec lequel je sais que je call un shove. Donc je donk bet 6BB, et fish folde alors qu’il a déjà 40% s’il a Ace high et 50% avec any pair.

3) Enfin, les joueurs ne comprennent pas comment jouer certaines mains dans un contexte de 10BB deep.

Une main comme 9876 double suité, par exemple, est une excellente main en PLO. Mais la shover preflop ne sert à rien! Elle n’est en effet qu’à 51% contre une main aléatoire, et 49% contre le top 80% des mains! La marche à suivre avec une telle main est donc de caller simplement une relance à 3BB, et non de faire tapis sans aucune fold equity. Ensuite, au flop, notre équité va « se polariser », si vous me pardonnez l’expression. Notre adversaire sera en mode no brainer shove, et on aura la place de folder et de garder 7BB sur tous les flops du type Q22 où on ne dépasse pas les 10%. Et évidemment, il sera complètement crushed dès qu’on aura un wrap ou une quinte/couleur floppée.

A l’inverse, avec un TTxx, il faut se décider preflop, car rares seront les flops où notre situation va nettement s’améliorer (en gros, 12% de brelans et c’est tout).

Pot Limit Omaha Tournament

FullTiltPoker

2 Players

Hand Conversion Powered by weaktight.com

$160 + $4 Heads Up Sit & Go

Stacks:

SB pokrclass101 (300)

BB Hero (300)

Blinds: 15/30

Pre-Flop: (45, 2 players) Hero is BB [9d] [9s] [7d] [Qs]

pokrclass101 raises to 90, Hero raises to 270, pokrclass101 goes all-in 300, Hero goes all-in 30

Flop: [5h] [5c] [6d] (600, 2 players, 2 all-in)

Turn: [Ac] (600, 2 players, 2 all-in)

River: [Qc] (600, 2 players, 2 all-in)

Final Pot: 600

Hero shows two pair, Queens and Fives

[9d] [9s] [7d] [Qs]

pokrclass101 shows a pair of Fives

[8d] [3h] [4h] [Kh]

Hero wins 600 (net +300)

pokrclass101 lost 300

Eh bien croyez-le ou non, j’ai ici 63.7% d’équité face à la poubelle de mon adversaire. Et 63.7% *320$, ça fait 203.84$. On enlève 4$ de rake, et je me retrouve avec un profit de 40$! Pour un effort assez maigre (une main), vous en conviendrez.

Et forcément, lorsqu’on joue beaucoup sur Full Tilt également, on se positionne bien dans l’Iron Man :

Cela étant, peut-être vous posez vous la question d’où est le plaisir à jouer 1’300 SNG par jour ? Et sans doute avez-vous raison..

Lorsque la saturation pointe le bout de son nez, la rupture n’est jamais loin. Et avec cela le syndrome que passablement de joueurs de petites ou moyennes limites connaissent : le spew en tilt de sa bankroll aux limites telles que la NL1000. Mais, lorsque l’on est soi-même joueur régulier de ces limites, que se passe-t-il? Hé bien, tout simplement, on reproduit le même schéma, mais sur des limites encore plus hautes :

ainsi que (c’est du Cash Game, pas un tournoi) …

Seat 3: Ragnarok.1er ($8,441 in chips)

Seat 8: AmLimit ($9,221.45 in chips)

ANTES/BLINDS

AmLimit posts small blind ($50), Ragnarok.1er posts big blind ($100), DEALING_HOLE_CARDS

PRE-FLOP

AmLimit raises to $250, Ragnarok.1er calls $250.

FLOP [board cards: 3D,AD,TH ]

DEALING_FLOP

, Ragnarok.1er checks, AmLimit bets $350, Ragnarok.1er raises to $1,400, AmLimit raises to $2,450, Ragnarok.1er raises to $8,191 and is all-in, AmLimit calls $8,191.

TURN [board cards: 3D,AD,TH,TC ]

DEALING_TURN

.

RIVER [board cards: 3D,AD,TH,TC,QD ]

DEALING_RIVER

.

SHOWDOWN

Ragnarok.1er shows [ AC,3S ]

AmLimit shows [ AS,KH ]

Ne nous apitoyons cependant pas trop sur le sort de William du point de vue financier: il a très vite fait de rattraper l’argent perdu. Mentalement, par contre, la saturation est bien présente.

Afin de rompre avec son poker industriel, Ragnarok décide donc de s’octroyer une absence des tables virtuelles, de trois mois.

Jusqu’en juin, où il écrit avec humour :

Je vivais des jours heureux avec Dinodino, mon fidèle compagnon…

Air frais sur le balcon :

Parties de cache-cache :

Soirées endiablées…

…où il avait souvent plus de succès que moi!

Et puis il a fallu que Sharkou le pervertisse!

Ainsi, avec l’apparition de la nouvelle législation française, Dinodino conduit son vénérable maître à reprendre le grind intensif.

Avec un nouveau tournant : William décide de tourner le dos à Winamax et de trouver en PokerStars un nouveau terrain de jeu. Au passage, il ne se prive pas de donner quelques conseils aux concepteurs de tournois du site au W rouge :

Si quelqu’un de chez Winamax me lit, il va falloir m’expliquer qui a eu l’idée de ce que je considère comme le pire niveau de blindes de l’histoire des SnGs. Tenez-vous bien : Après les classiques 10/20, 15/30 et 25/50, les Winaboys ont cru bon d’installer un niveau 35/70 ( ??!  vu nulle part ailleurs donc relou car il faut tout recalculer pour les sizings de raise et de 3-bets ) avec ANTE 10!  Passe encore en full ring, mais en HU c’est tout bonnement affreux.

Puisque les responsables de Winamax semblent adorer l’innovation sous toutes ses formes, voici deux excellentes idées qu’aucun site n’a encore adoptées, à ma connaissance.

1) Le méga-full ring®. Vous vous demandez souvent qu’est-ce qui pourrait être pire que le full ring, cette infâme discipline qui consiste à jouer une main sur huit face à d’autres gens qui jouent une main sur huit? Ne cherchez pas plus loin que le méga-full ring®! Le méga-full ring® se joue à 23 joueurs par table, ce qui permet de brûler une carte avant le flop et d’en garder 5 pour le board!

Jamais les reads n’ont été plus précis qu’au méga-full ring. Le joueur UTG relance et vous avez un roi en main? Il a 97% de chances d’avoir AA! N’est-ce pas génial? Et quand les 10 premiers joueurs foldent, il reste encore trop de joueurs à parler pour jouer AQ. C’est le pays rêvé des nits du monde entier!

2) Le Nothing or Nothing®. Vous êtes un nit mais vous n’avez pas le temps pour un MTT en méga-full ring®. Alors contentez-vous d’un SnG « Nothing or Nothing* ». Le Nothing or Nothing® se joue à 10 joueurs, avec un droit d’entrée de 10+1,11$. Le but : Ne pas finir dernier, car pour le 10ème le prize pool n’accorde rien : Nothing! Une fois un joueur éliminé, le Sit & Go s’arrête, et les 9 survivants se partagent le reste du prize pool. Ils recoivent donc chacun 100$/9 = 11,11$, soit exactement leur buy-in. Ils ont eux aussi gagné « Nothing »! Génial!  .

Le Nothing or Nothing® est l’autre paradis des nits, puisque l’ICM vous impose de ne jouer aucune main, même pas AA! Bonus : La stratégie co-optimale du Nothing or Nothing® : UTG shove any two, et tout le monde passe, puisque même 80% d’équité ne sont pas suffisants pour un call.

J’espère que mes idées verront le jour, Winamax! C’est ainsi, et seulement ainsi, que vous écraserez la Française des Jeux pour le glorieux titre de site francophone numéro 1!

Début juillet, après avoir participé au DSO de Namur avec bon nombre de joueurs romands (article de Frux à son sujet) :

… avant de reprendre son intense activité de grind, William effectue un retour remarqué sur la scène humoristique. En tombant sur cette vidéo :

[vsw id="uOszjtE0diU&feature=player_embedded" source="youtube" width="425" height="344" autoplay="no"]

Il imagine cette parodie :

[vsw id="8BwvxCXxAyk&feature=player_embedded" source="youtube" width="425" height="344" autoplay="no"]

C’est sur PokerStars que Ragnarok va réaliser qu’un défi proposé par le site est à la hauteur de sa folie. Pour cela, il faut comprendre la notion de « VPP », pour VIP Poker Point :

Pour chaque dollar (sur le .com) ou euro (sur le .fr) de rake, un certain nombre de VPP est octroyé au joueur. Ce VPP est ensuite transformé en FPP (Frequent Player Point) au moyen d’un multiplicateur déterminé par le statut de fidélité. Ces FPPs permettront, en fin de compte, d’acheter des bonus ou cadeaux dans la boutique. Par exemple, pour un sit and go à 50€ chaque joueur reçoit 28,50 VPPs.

D’ailleurs, sur la version française du site, on obtient un peu plus de points que la version mondiale, puisqu’on rake plus. Jusque là, c’est limpide.

A la mi-août, « Ragnarok1er » est en pleine réflexion :

« Le statut de Supernova Elite est décerné aux joueurs qui obtiendront 1’000’000 de VPP en 2010

1 million de VPP, cela équivaut à 133’000€ de rake.

Nous sommes le 14 août :

138 jours restants dans l’année.
223000 VPP déjà acquis.
777000 VPP à prendre.
5630 VPP par jour.
750€ de rake par jour.

Fol objectif. Sans doute pas réalisable. Mais rien n’empêche d’essayer »

Cependant, lui-même a dû oublier que pour un champion, rien n’est fou. Ainsi, pas plus tard que la semaine dernière, arriva ce qui devait arriver :

avec une documentation journalière de son parcours :

En clair, qu’est-ce que ça change, hormis d’avoir six étoiles noires autour de son avatar PokerStars?

Cela signifie d’abord que certains jours, « Ragnarok1er » a joué plus d’une centaine de sit and go heads-up à 500€ de buy-in, engrangeant plus de 30,000 VPPs (!). Pour ceux qui ne visualisent pas bien : en un après-midi de jeu, il a collecté assez de points de fidélité pour s’acheter un Mac Book.

Mais c’est au moyen d’une illustration que l’on comprend à quel point c’est en fait le rakeback qui constitue de lui-même la plupart des profits.

Dans les commentaires du 1er article, certains s’étaient étonnés de la courbe sharkscope modeste de Ragnarok1er :

Je vous le concède, ce n’est pas la courbe la plus incroyable qu’il existe sur Sharkscope. Vous remarquez bien, d’ailleurs, la portée de la variance : entre la partie 2200 et la partie 4600, il y a une zone de 2400 sit and go heads-up où Ragnarok n’a enregistré aucun profit (breakeven). Entre parenthèse, cela nous permet de voir à quel point « runner bad » sur plusieurs centaines de parties (le long terme, pour nous joueurs normaux), est standard.

Mais observez bien la courbe suivante :

En rouge, il s’agit d’exactement la même courbe que lors de l’illustration précédente. En vert, désormais, c’est la courbe réelle des gains de Ragnarok.

Notons que pour chaque heads-up sit and go à 500€ (la limite habituelle de Ragnarok), les deux joueurs payent plus de 35€ de rake, soit 70€ (!) perçus par PokerStars pour la mise sur pied d’un seul tournoi ! Cela démontre à quel point les rooms online (et encore plus les .fr) font véritablement du racket organisé en toute impunité. Mais passons.

Passons, oui, car William se frotte les mains. Son statut de Supernova Elite lui assure en effet un rakeback de pratiquement 100%. Autrement dit, comme il a raké 140,000€ sur PokerStars cette année, il récupère tout cet argent !

Cela nous mène à plusieurs conclusions :

La première coule de source : grâce à un seul cash-in de 1,000$ au début de l’année, « Ragnarok1er » se trouve désormais à la tête d’un capital de 15,000€ environ en profit pur (notez l’exploit de dégager un profit malgré tout le rake payé), et surtout de 135’000€ en rakeback! Soit 150,000€, en moins de 11 mois. S’il arrive même uniquement à breakeven l’année prochaine, tout en gardant le même volume, un colossal profit sera au rendez-vous.

En plus de ce profit, des avantages lui sont promis :

1) Des bonus pour chaque « milestone » atteint, même au-delà du million de VPP :

  • 8 000 € lorsqu’il atteindra la barre des 1 250 000 VPP
  • 8 000 € lorsqu’il atteindra la barre des 1 500 000 VPP

Mais surtout :

 » En tant que Supernova Elite, vous recevrez automatiquement et gratuitement un package pour les France Poker Series. Vous pouvez également choisir l’une de ces deux options :

Option A : deux packages parmi les suivants, PokerStars Caribbean Adventure, Main Event des WSOP* ou European Poker Tour (vous pouvez choisir un événement EPT par package).

Option B : un des packages ci-dessus plus 8 000 €. « 

Grâce à cela, Ragnarok sera présent, tous frais payés, à une étape des FPS, au Main Event des WSOP ainsi qu’à la grande finale de l’EPT ! Qui a dit qu’il n’y avait pas de plaisir à jouer un poker aussi industriel ?

Avant de refermer ce portrait du plus extrême des joueurs que je connaisse (et, probablement, qui existe actuellement), notons que William est désormais professeur de mathématiques à l’académie de Versailles. Il réfléchit d’ailleurs à prendre une année sabbatique. Comme il le dit, « vu les sommes à gagner potentiellement, mieux vaut sans doute le faire maintenant qu’à 40 ans ». Surtout vu la bonne marche du système français, serait-on tenté de dire.

Enfin, et pour conclure cet intense article en douceur, voici quelques bonus :

* William et Dinodino sont passés à Club Poker Radio, mardi 16 novembre. Vous pouvez l’écouter ici , et je vous le conseille fortement!

Photos ClubPoker :

* La suite du blog de Ragnarok : http://www.clubpoker.net/forum-poker/blog/1231-hu-sngs-et-autres-peripeties/

* Le blog de vidéo-review de Ragnarok : http://www.clubpoker.net/forum-poker/blog/1241-videos-reviews-et-liens-divers/

* La blog off-Poker de Ragnarok, sur la vie en général : http://interestingworld.tumblr.com/

*  Inspiré par Piercy, William est allé jouer à Motus, sur France 2. Grâce à une technique imparable d’apprentissage par coeur des combinaisons de mots, ils ont brillamment remporté 3,000€. Le compte-rendu est à lire sur le blog.

Enfin, n’hésitez pas à poser vos questions, auxquelles William répondra sans doute.

Je finirai par une mise en garde : tout ce que vous avez pu lire a été effectué par un professionnel. Toute tentative d’imitation peut nuire à votre santé, et Slowrolled décline toute responsabilité.

® Slowrolled.com – Novembre 2010

« Ragnarok1er », le stakhanoviste du poker (1/2)

Rédigé par Bergi le novembre 10th, 2010, publié dans portrait et interview

Avril 2007.  La demande pour le poker en ligne explose. De plus en plus d’internautes se mettent au jeu, et, parmi eux, beaucoup entrent le mot-clé « poker » sur Youtube. Une vidéo, intercalée entre les diffusions « old school » des victoires au Main Event de Stu Ungar ou Phil Hellmuth et les toujours très télégéniques bad-beats, fait très vite fureur parmi les amateurs francophones.

Postée par un certain « Ragnarok1er », celle-ci se propage très vite sur l’ensemble des forums consacrés au poker. Quand on sait que les moyens « modernes » de partages que représentent Facebook et Twitter n’étaient alors pas encore généralisés, ce n’est pas un mince exploit…

Benjo, dans son coverage du PCA 2010, en dira même :

« Cet homme, cette légende que dis-je, je l’ai rencontrée aujourd’hui, presque trois ans après avoir découvert son œuvre pour la première fois. Il était temps. »

[vsw id="eZkoDdrvEik" source="youtube" width="425" height="344" autoplay="no"]

(Une des multiples vidéos de Ragnarok. Pour en trouver davantage, tapez « Ragnarok1er » dans le champ de recherche YouTube)

Au-delà de son humour déjanté, William est cependant un joueur de poker comme les autres. Ses premiers contacts avec le poker sont ainsi tout sauf extraodinaires : « Des amis à la fac y jouaient de temps en temps sans vraiment trop comprendre les règles. Un jour, je me suis incrustré à une des parties, qui n’avaient cependant pas grand-chose à voir avec du vrai poker », rigole-t-il.

Très vite, cependant, Ragnarok se prend au jeu. Et, le connaissant, ce n’est pas vraiment une surprise : « De base, j’aime plus ou moins n’importe quel jeu qui ne fait pas appel à la diplomatie. Au poker (enfin, au poker… dans ses variantes « No Limit Hold’em » ou « PLO », en tout cas), j’adore le fait que le jeu soit « jeune », et qu’on n’ait ainsi pas encore tout découvert. La plupart des jeux (même des sports) ont un vécu conséquent, ce qui empêche d’inventer grand-chose. Nous ne sommes certes pas des pionniers du jeu, mais il reste un peu de place pour faire son propre truc ».

On le prend au mot : William ne va pas tarder à développer « son propre truc ». Là où certains ont commencé de manière très nonchalante en freeroll, lui va répertorier toutes les parties disputées sous son pseudo de « Ragnarok1er ».

Morceaux choisis :

« 12 juin 2007, Freeroll.

QQ : Doublé contre 88, stack : 3000

JJ : Perte contre QQ, à 675

AQs : Doublé contre A4, à 1275

TT : Doublé contre J5, à 2700

KQs : Flush, à 3200

Q10 : Top paire, à 3100

K5o SB : Top 2 paires, à 3950

===

Break 1 : 3950 chips, 279/757, blindes 75/150, average 3963

===

10 10 : Fold sur tableau 5678, à 2750

J10 : Fold sur check-raise, à 1150

AJo : Bad beat contre QJo, à 0

===

Fini : 392ème

13 Juin 2007.

Heads Up 5,50$ :

1er perdu (lafouine3318) sur un coup de chatte de sa part (78,18$)

2eme perdu (caredas x) en ne sentant pas son overpaire (72,68$)

3eme gagné (lafouine3318) en étant plus agressif que lui (77,43$)

4eme perdu (lafouine3318) en payant trop de rivers (72,18$)

5eme gagné (GetUreMoney) sur un GBeat après son all in preflop (76,68$)

6eme gagné (vova12) en le piégant, lui et ses overbets (81,18$) »

Et cela continue, sur des pages et des pages…

Cette manière de faire, lui seul peut l’expliquer d’une manière aussi passionnée : « Il faut revenir à ce qui me fait jouer au poker. Je suis quelqu’un qui ne supporte pas la médiocrité. Je ne peux me contenter de quelque chose d’assez bien, « AB » comme on dit en primaire. Si je joue à un jeu vidéo plus de 30 minutes, je vais immédiatement parcourir les forums pour en comprendre les rouages et progresser le plus vite possible.

Au poker plus qu’ailleurs, il y a des impondérables, des évènements fruits du pur hasard avec lesquels il faudra composer. Mais il y a aussi des facteurs qui sont entièrement maîtrisables, pour peu qu’on se penche dessus. Comme le bon pilote de Formule 1 « ne laisse rien au hasard » en connaissant chaque centimètre de piste par coeur, je ne peux m’empêcher de m’approprier chaque détail à ma portée. Cela aboutit à des choses comme un très long document où je tentais de « résoudre » les situations de HU en-dessous de 25BB. Tout fut fait seul, avec un papier, un crayon, Pokerstove et StoxEV.

Extrait :

A. Situation de push or fold au bouton.

Nous sommes en SB. On a le choix entre push et fold.
Le stack effectif est de X BBs.

EVfold = X-0.5BB.
EVpush = (#Folds/1225)*(X+1) + (#Calls/1225)*Win%*2X.

Construisons donc des ranges pour 20 situations différentes : Des stacks de 12, 10, 8 et 6BB face à des calling ranges tight, average, loose, ultra-loose et parfait.

1) Stack effectif de 12BB

Le joueur en BB a besoin de 45.83% d’équité pour faire un call correct.

a) Calling range tight : A8o+, A7s+, KQo, KJs+, QJs, 22+.

Contre ce joueur, calculons l’équité de faire tapis avec 32o.
Il y a 72 A8o+, 28 A7s+, 12 KQo, 8 KJs+, 4 QJs, 66 44+, 3 33 et 3 22. Soit 196 calls.
Et l’équité de 32o contre ce range est de 26.391%.
EVpush = (1029/1225)*13 + (196/1225)*0,26391*24 = 11.933.

Soit un profit de presque une petite blinde pour la pire main possible, par rapport au fold. Par conséquent, il est possible de faire tapis à chaque main face à un range aussi tight.

Shoving range : Any two.

b) Calling range average : A5o+, A2s+, KJo+, KTs+, QJ, 22+.

Contre ce joueur, calculons l’équité de faire tapis avec 32o.
Il y a 108 A5o+, 40 A4s+, 3 A3s, 3 A2s, 24 KJo+, 12 KTs+, 16 QJ, 66 44+, 3 33 et 3 22. Soit 278 calls.
Et l’équité de 32o contre ce range est de 28.147%.
EVpush = (947/1225)*13 + (278/1225)*0.28147*24 = 11.583.

Encore une fois on peut donc faire tapis avec toutes les mains. A noter que StoxEV donne les mêmes résultats que mes calculs, je lui fais donc confiance pour la suite.

(…)

Le HUD en papier que j’avais imaginé au PCA (NDLR : on y reviendra) relève pour moi du même esprit : Si je peux contrôler un petit détail qui demande un effort que tout le monde ne fait pas forcément, alors je saute dessus.

Et ce n’est pas nouveau :

J’ai joué plus de 4000 heures aux différents PES contre l’ordinateur, avec des « sessions » de 20 heures parfois, à enchaîner les matches et chercher les effets des moindres détails tactiques.

Avant ça, j’ai mémorisé tous les mots de 2, 3 et 4 lettres au Scrabble, afin de ne rater aucune opportunité de « coller » un mot à un autre, technique particulièrement lucrative.

Avant ça, j’ai fait des centaines de parties de Magic où mes decks s’affrontaient sous ma gouverne, organisant ainsi les « Tournois Magic de l’amitié et de la vie » constitués d’une saison régulière puis de playoffs pour couronner mon meilleur jeu et affiner leurs listes au cours des duels.

Avant ça, j’ai planifié les développements parfaits de tous les lieux de départ de « Heroes 3 », en fonction de toutes les ressources de départ disponibles.

Avant ça, j’ai passé des semaines de vacances à étudier des parties d’échecs de champions, avant d’affronter le mythique « Chessmaster 6000″ sur mon vieux Power PC.

Avant ça, j’ai fait des heures de services tout seul sur un terrain de tennis avec mon petit seau de balles, pendant que mes camarades regardaient les Mini-keums.

Avant ça, j’ai joué une partie de « La Bonne Paye » longue de 5 jours contre mon ami imaginaire, « Jingo », où nous suivions des stratégies opposées afin de savoir quelle était la meilleure. C’était après le Noël de mes six ans (…)

Je trouve marrant de constater que, 15 ans après, je fais toujours la même chose, puisque hier encore, je me suis auto-affronté au poker en Play Money, afin de comprendre comment battre un adversaire qui donk bet constamment aux blindes élevées.

Et puis, j’ai découvert le meilleur jeu vidéo, celui aux adversaires infinis et au boss de fin qui s’appelle Phil Ivey : le poker. »

William, en compagnie de Xavier, au jeu télévisé « Motus »

William décide donc de se mettre véritablement au poker. Il remporte son premier petit capital sur un Freeroll de fidélité sur Winamax, alors que la Team du site au W rouge vient d’être formée. Si je l’évoque, c’est que cela aura une incidence directe sur le parcours de Ragnarok : lors du visionnage d’une vidéo d’Anthony  « Tallix » Roux en NL1000 (blindes 5$/10$), un commentaire ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd :

« Voilà, j’ai 5 et 4 de carreau. J’effectue une relance standard, à 30$. Malheureusement, vous voyez que le short stack fait tapis pour 100$. Avec les cotes de pot, je suis contraint de payer. »

Le short stack en question possède une paire de 8, et remporte la confrontation, et double son tapis. Pour William, mathématicien dans l’âme, c’est la révélation. Apprenant que les « regs » sont contraints de relancer les petits suited connectors pour ne pas être exploitables par les autres regulars, une idée lui vient en tête : élaborer, avec PokerStove, un crayon et une gomme, un plan de jeu optimal, qu’il lui suffira d’appliquer afin, comme il l’aime à indiquer, « d’imprimer de l’argent ».

Et ça marche ! Grâce à cette diabolique technique, que très peu de joueurs n’appliquent de manière profitable, il monte très vite sa première bankroll à cinq chiffres. Et joignait aussi l’utile à l’agréable : « Je jouais à ces limites folles avec les pros Winamax que j’adorais. En plus, je ne risquais pas grand-chose, je comptabilisais les miles par milliers, et, comme j’étais résolu à coucher la plupart de mes mains, j’avais le temps d’observer de l’intérieur la dynamique de la table ! »

Malheureusement, William se voit mettre des bâtons dans les roues : « Ongame a décidé de passer ses tables de cash game de 10 blindes minimum à 20 blindes minimum. A l’époque, j’ai secrètement soupçonné les pros de la Team d’en avoir fait la demande expresse. Avec ce changement, même s’il était toujours possible de shortstacker profitablement, cela rendait la démarche beaucoup plus compliquée. J’ai encore utilisé cette stratégie durant quelques temps, là où on pouvait encore entrer avec 10 blindes, avant de me décider à me mettre au vrai poker », rigole-t-il.

Le choix de variante de « vrai poker » effectué par « Ragnarok1er » n’est pas une surprise. Il décide logiquement de s’installer là où il peut maîtriser mathématiquement le plus de paramètres : les tournois mono-table de tête-à-tête, plus communément appelés sit and go heads-up.

Grâce aux calculs effectués quelques mois plus tôt et son expertise de la zone 0-25bb, William commence à « crusher » les sit and go heads-up. Combattant tant bien que mal les périodes de tilt, l’ennemi juré des joueurs de heads-up (et de poker en général), et grâce à une gestion de bankroll très agressive mais toujours maîtrisée, il gravit petit à petit tous les échelons.

Jusqu’à se retrouver sur les plus grosses tables, là où le buy-in se règle en centaines, voire milliers de dollars.

À suivre…

Dans le prochain épisode :

Ragnarok1er, Supernova Elite sur PokerStars.fr

© Slowrolled.com, Novembre 2010

Head’s up avec… Silvio Teneriello

Rédigé par ezekiel le octobre 25th, 2010, publié dans portrait et interview

Poker-culture et poker-nostalgie se croisent pour la quatrième interview de notre série « Head’s Up avec… ». En effet, slowrolled reçoit aujourd’hui « Jurassik » aka Silvio Teneriello. Pour les petits nouveaux, Jurassik, du fin fond de son Jura natal, a fondé, il y a de nombreuses années, le premier forum communautaire suisse romand dédié au poker, swisspokertour. À l’époque, la plateforme était devenue une incontournable pour tous ceux qui se lançaient dans le jeu. Lieu de rencontre, de discussions parfois acharnées, swisspokertour connut un succès fulgurant dès ses premiers mois d’existence. Quelques années et une interdiction plus tard, bilan.

Salut Silvio ! Pour commencer, peux-tu nous faire une rapide présentation ?
Salut, je m’appelle Silvio Teneriello, je vais avoir 40 ans en octobre, j’ai la double nationalité suisse-italienne mais je suis surtout Jurassien ! J’ai un diplôme d’électronicien qui ne me sert plus à rien, vu que je suis maintenant dans l’entreprise familiale que mon père a créée. Nous sommes revendeurs de pièces automobiles aux professionnels et notre entreprise compte 15 employés et trois magasins (TREM SA pour le coup de pub). Mon occupation dans l’entreprise est pratiquement d’être non-stop devant un écran. En effet j’y effectue les achats, de la vente et surtout de la programmation, je développe tout notre programme de gestion de stock moi-même. Je viens d’acheter une maison dans laquelle je me suis installé avec ma compagne et ses deux enfants et ma fille de 13 ans nous rejoint le plus souvent possible. Mes passions et hobbys sont assez faciles à résumer et se limitent à un jeu de 52 cartes, on distribue 2 cartes privatives à chaque joueur et la suite vous la connaissez…

Peux-tu nous présenter ton parcours dans le poker ? (de comment tu as appris le jeu, en passant par toutes les étapes marquantes de ton évolution dans le milieu.)
Je crois que c’est vers 2003 que j’ai commencé à découvrir ce jeu, mais plus concrètement, c’est en 2005, lorsque des tournois réels ont vu le jour en suisse romande, que je m’y suis mis plus sérieusement. On faisait des heures de voiture pour aller disputer des tournois à 50.- de buy-in. Un jour, je pris la décision d’aller disputer un side event WPT à Paris au buy-in de 500€. Un buy-in très élevé pour moi et pour l’époque (2005). Il y avait 132 participants à ce tournoi, de grands pros étaient présents et surtout des futurs grands joueurs… comme José Barbero qui gagna le tournoi. Je me suis hissé jusqu’à la table finale où malheureusement j’ai sauté 9ème contre Lee Nelson (pro) AK vs 55. Depuis ce tournoi, je me suis mis à lire un peu tout ce qui existait sur le poker. D’abord en anglais puis les éditions en français. Je me lançai également au jeu online en perdant pas mal d’argent quand même… Je me suis aussi mis à organiser des tournois (quand c’était pas encore légal…), des tournois entre amis où des Genevois faisait le déplacement jusqu’au Jura pour un tournoi à 50 joueurs et 50.- de buy-in !!! A l’époque il n’y avait pratiquement rien en suisse dans les Casino, je faisais alors souvent le déplacement à Bregenz en Autriche pour jouer et je me rendais à Paris 2 à 3 fois par an. Quand j’y était je profitais un max de mon temps et je disputais des séances de cash de 10 heures d’affilée !! Avec 2 amis, j’ai ensuite créé la société Obimedia Sarl et, avec Swisspokershop.ch, on démarra la vente de matériel de poker en Suisse. La première année fut vraiment géniale, on dégagea de joli bénéfice qui nous permit de nous rendre encore plus souvent à Paris pour y disputer tournois et cash-game. Ensuite arriva enfin la période des tournois autorisés en Suisse ! J’ai alterné pendant 1 à 2 ans, les petits SNG régionaux, les tournois sur Fribourg et les tournois et cash-game du Casino de Bâle. Du cash en 5-10, en passant par mon jeu sur internet qui allait de mieux en mieux, j’avais réussi à monter une bankroll de 12’000 CHF jusqu’à ce fameux2 juin et l’interdiction du poker live hors Casino. Depuis je me suis mis un peu au repos, je me suis installé dans ma nouvelle maison et j’attends de redémarrer en douceur les tournois. Il faut dire que j’ai eu la chance de ne jamais me mettre en danger côté argent. J’ai toujours joué avec de l’argent provenant du jeu et si j’ai touché à mes économies et pris dans mon salaire, c’était jamais à risque.

Silvio, lors de feu le tournoi des Aces

Tu es connu dans le milieu romand comme étant un des pionniers de la promotion du jeu, via ton site swisspokertour.ch; peux-tu nous raconter la naissance de ce projet ?
Swisspokertour est né dans l’idée de permettre à la poignée de joueurs que nous étions à l’époque de se retrouver en ligne dans un forum pour discuter de poker. Stratégie, matériel, infos sur les tournois à l’étranger, bla-bla divers et surtout pour se donner rendez-vous pour nos petites parties entre amis. A l’époque ont était environ 50, puis quand l’explosion du poker eut lieu le nombre d’inscrits explosa aussi. Dans les premiers inscrits nous avions des noms comme « haddock » « ms », « lagâchette », « imagine », « floribus », « jetrho », « valser », « kabooki », « james » , « tikimanta » … des noms bien connus pour certains… lagâchette est dans le Top 10 sur sharksope 2010 ! Valser… joueur passionné qui vit le poker et le fait partager à tout le monde lorsqu’il est dans une salle !

Quelles ont été les plus grandes difficultés qu’il a fallu affronter, à l’époque, pour mener à bien swisspokertour ?
Les soucis ont débuté quand les rooms online ce sont intéressé à Swisspokertour. Un jour je reçois un téléphone de Michel Abécassis me proposant de lancer un championnat pour les suisses sur Winamax, à l’époque c’était Aurélien Guiglini qui gérait cela pour eux. On décide donc d’un championnat ou chaque manche coûtait 5$, ça ressemblait au championnat Clubpoker qui avait lieu sur Pokerstars. Pour promouvoir ce championnat et innocemment il y avait un petit pavé publicitaire avec Patrick Bruel en photo et un lien qui pointait sur Winamax… tout allait bien, peu de temps après, un jounaliste de Mise Au Point, de la TSR, me trouve et effectue un reportage… je passe à la télé… youpiiii… on parle un peu de Swisspokertour sur Canal +, Patrick Bruel signale l’existence du site, bref… tout va bien. Et moi dans tout cela, mise à part de la notoriété, je n’y gagne rien du tout ! Pas un centime ! Mais ca n’a jamais été le but… Et tout à coup… je reçois une jolie enveloppe jaune à la poste timbré de Berne ou je dois me rendre à la commission fédérale… je me retrouve collé d’une procédure administrative pénale avec amende de 1200.- CHF et obligation d’enlever toute publicité pointant vers des sites de jeux en ligne ! Je coopère et j’avoue qu’à l’époque j’avais envie de tout laisser tomber. J’étais dégoûté car à l’époque des sites avec de la pub poker ou casino, il y en avait beaucoup en Suisse (et il y en a toujours, NDLR). Seulement moi, je me suis jamais caché derrière des pseudos ou des sociétés bidons. J’ai toujours été clair à ce niveau, ce qui a permis à Berne de me trouver très facilement et de me punir ! …

Selon toi, qu’est-ce qui a fait ton succès ?
Je pense que c’est surtout le fait d’avoir été le premier dans la place. Mais le succès ne provient pas de moi. Ce sont les membres du sites qui le font vivre. On peut dire aussi que c’est grâce aux championnat freeroll que le site continue de vivre, car hônnetement des sites qui parle de poker et de statégie, il y en a des centaines et certainement mieux que Swisspokertour… mais les suisses restent quand même un peu chauvin et préfère rester ou venir de temps en temps sur un site bien suisse et surtout ROMAND. Mais j’ai été aussi un des premiers à revendre du matériel poker, des livres en français, à organiser le premier tournoi romand à 250 joueurs etc… mais j’ai jamais parlé de succès personnel. Tout cela à fait progressé tout le monde et développé une synergie autour du poker.

Quelle est la place, selon de toi, de swisspokertour dans le paysage du poker romand ?
Je pense que pour le moment la place de swisspokertour est de survivre jusqu’à ce que peut-être un jour, la loi s’assouplisse et qu’on nous permette de rejouer en live. A ce moment là, Swisspokertour pourra s’investir avec les clubs et associations pour la promotion et l’entraide des joueurs dans le paysage du poker romand. Le rêve serait une tournée de poker en suisse dans les grandes villes qui s’appellerait : SwissPokerTour…
Non ? (Ce serai avec plaisir, en effet. NDLA)

Souvent, quand on lance de tels projets, on peut se sentir découragé, à un moment ou à un autre. Qu’est-ce qui t’as fait tenir le cap (à part la fée verte) ?
Effectivement, j’ai été souvent découragé, notamment quand d’autres sites ont voulu imiter ce que je faisais, mais j’ai toujours continuer grâce aux rencontres que j’ai pu faire. De retrouver les « vrais personnages » qui se cachait derrière les pseudos, de pouvoir se retrouver dans des autres pays comme à Dublin m’a toujours remotivé à continuer. Les discussions online sont toujours un peu suggestive, ont dit parfois n’importe quoi sous l’impulsion du moment, on se brouille avec des gens pour des broutilles, mais le « live » est beaucoup plus respectueux et surtout nous permet de sortir de nos « trous » perdu pour rencontrer d’autres gens qui partagent notre passion…

Quel regard portes-tu sur le niveau de jeu en Suisse romande, pour les tournois live ?
Je le trouve bon voir assez bon. Ce n’est pas encore le niveau de certains pros que j’ai pu voir jouer comme à Dublin dernièrement, mais cela s’en approche… Malheureusement, l’évolution du niveau de jeu a été freinée par l’interdiction des tournois live hors casino.
Comment voulez-vous progresser si l’offre ne répond pas à la demande ?

En partant de ce constat, penses-tu qu’un joueur romand puisse tirer son épingle du jeu dans des tournois internationaux ?
Oui, certainement et vous verrez qu’il ne faudra pas attendre 5 ans pour voir de gros résultats de nos petits romands !!

On en a beaucoup parlé, la loi suisse ne permet plus aux organisateurs de proposer des tournois publics. Comment, à swisspokertour, as-tu accueilli la nouvelle ?
Très mal… !!! A mon humble avis c’est un scandale !!! Une aberration…

Sans parler de swisspokertour, que penses-tu de cette interdiction ?
Que les casinos veulent protéger leur business peut encore se comprendre, mais c’est de la façon dont ils s’y sont pris qui est franchement dégueulasse. Un minimum de discussion avec les principaux intéressés aurait été tactiquement mieux ! On nous prend pour des blaireaux ? des cons ? Ce que je ne n’arrive toujours pas à comprendre, c’est qu’on nom de la concurrence déloyale il nous interdise de jouer hors casino, mais est-ce que les casinos proposent vraiment une offre concurrentielle à ce qui se faisait avant ? Réponse … non.

Es-tu confiant pour l’avenir ? Va-t-on, d’après toi, rejouer de manière légale, hors casino, en Suisse romande ?
L’avenir nous le dira, mais un peu comme dans beaucoup de choses en suisse il va falloir du temps, et il faudra compter en années…

As-tu encore des ambitions pour ton site ? Lesquelles?
Si je vous donne mes ambitions, d’autres vont s’empresser de s’en emparer… alors je vous dirai que oui, mais je vous dirai pas lesquelles…. (lol)
On vient de nous interdire le championnat online freeroll sur Winamax, d’autres idées doivent maintenant mûrir…

Quelle serait la composition de la table finale que tu rêverais de jouer ?

Lieu du tournoi : Au milieu de la place fédérale

Un head’s up
Siège 1 (SB) : Le directeur du casino de Montreux
Siège 2 (BB) : la_gâchette (Un suisse dans le top 10 Sharkscope 2010)

Pour lui montrer la différence entre hasard et habileté.

Attention : révélation. Mais c’est qui, Mac ?
Un gars qui pense TOUJOURS… bien à vous…

Où boit-on le meilleur Jameson?
Duuuuuuuuuuuubbbbbbllllllliiiiiiiinnnnnnnnnnnnnnnnn !!!!

Merci Silvio d’avoir répondu à ces petites questions. Slowrolled te souhaite le meilleur, pour swisspokertour comme pour tous tes projets dans le privé. À bientôt !

Jeff Sarwer, un mec hors du commun

Rédigé par Bergi le octobre 11th, 2010, publié dans portrait et interview

Ne vous est-il jamais arrivé, déambulant dans la rue, de tomber sur un mec et de vous dire : « Tiens, ce gars-là, il a vraiment l’air d’un type sympa » ?  Hé bien aujourd’hui, Slowrolled vous tire le portrait du gendre idéal par excellence… Mais pas seulement. Voici l’histoire de Jeff Sarwer, l’homme qui commence à beaucoup faire parler de lui dans l’univers du poker.

Si l’histoire de Jeff Sarwer est si atypique, c’est qu’elle se distingue singulièrement de ce que l’on peut raconter sur les autres personnages estampillés « grands joueurs », et même, si l’on peut dire, de tout autre homme.

Car ce n’est pas le poker qui a conduit à la médiatisation de Jeff : pour connaître ses débuts, il faut revenir à 1982. A ce moment-là, l’Italie devient championne du monde de football en battant la RFA par 3 à 1, tout en n’ayant remporté aucun match lors du tour  préliminaire. A Las Vegas, Jack Strauss remporte le Main Event des WSOP et un demi-million de dollars, lors d’un événement qui aura vu 104 joueurs s’inscrire et Doyle Brunson faire, évidemment, la table finale.

Jeff, lui, a 4 ans. Et, pas comme tous les garçons de son âge, serait-on tenté de dire, il a déjà soif d’apprendre et se familiarise avec les échecs, en compagnie de sa sœur, de 2 ans son aînée.

Or, il progresse à une vitesse telle qu’il se voit inviter par Edgar Mednis, Grand Maître d’échecs, à analyser une partie à la TV entre Kasparov et Karpov. Le hic? Jeff n’est alors âgé que de 7 ans !

Encore plus fort : à l’âge de neuf ans, le Canadien est tellement doué qu’il est considéré comme le prodige le plus prometteur de l’histoire. Ce qui fait dire au Président de la Fondation américaine : « Jeff est plus fort à 9 ans que Bobby Fischer [« la » légende des échecs] ne l’était à 11 ».

Peu à peu, tous les médias commencent à s’intéresser à ce phénomène hors du commun. Il franchit un à un les paliers restants, jusqu’à jouer contre 40 adversaires parmi les plus brillants, et ce simultanément.  Cela se passe en plein Washington Square Park, à New York City, devant une foule conquise. Déjà à 10 ans, Jeffrey Sarwer est sacré champion du monde. Le prodige se spécialise dans les parties de « speed chess », où les parties durent au maximum 3 minutes, temps imparti pour l’ensemble des décisions !

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En dehors des échecs cependant, c’est précisément, jeu de mot douteux, l’échec. Le génie et sa sœur (elle-même « grandmaster ») vivent sous l’aile protectrice de leur père, et vivent sans le sou. Allant même jusqu’à dormir dans une voiture, ils n’ont pas la reconnaissance que mériteraient ces grands talents. Et si Jeff maîtrise plusieurs langues aujourd’hui (dont un parfait français), ce n’est pas pour autant grâce à l’école, qu’il a quittée autour de son dixième anniversaire.

Reste que le battage médiatique autour de Jeff, un véritable cobaye, alerte les services sociaux qui retirent la garde des deux adolescents à leur père : un déchirement pour le clan Sarwer, et la fin de la carrière « échecs » de Jeff… Celui-ci va prendre alors la décision de s’enfuir de son foyer d’accueil en compagnie de sa sœur,  et de rejoindre le père pour vivre en « voyage permanent » à travers l’Europe.  « A long story », comme  résume le Canadien aujourd’hui encore, lorsqu’il explique ces épisodes qui conduirent son père à le retirer du jeu.

Et le poker, alors, dans tout ça ?

Sarwer fait son entrée à l’EPT de Prague, il y a de cela presque deux ans déjà, en décembre 2008. Il y dispute son premier grand tournoi live, et avoue très volontiers qu’il ne se basait alors que sur ses connaissances mathématiques pour évoluer dans le tournoi (son bagage pokéristique n’étant encore pas complet), qu’il concluera tout de même positivement. Surtout, comme il le dit, « he had fun ».

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Il va alors se mettre à disputer les étapes suivantes de l’European Poker Tour. Il réalise une première performance de choix à Varsovie, échouant aux portes de la table finale (10ème, 30’000$), cette fameuse dernière table qu’il atteindra un tout petit mois plus tard lors de l’événement suivant, à Vilamoura, au Portugal, où seul un manque de réussite criard l’empêchera de remporter son premier grand titre (3ème, 233’000$).

Le 6 mars dernier, alors que six braqueurs s’attaquent à l’EPT de Berlin, Jeff Sarwer attaque lui avec son agressivité à toute épreuve le tournoi High Roller, qu’il finit runner-up pour 150’000 dollars supplémentaires.

Figure de proue de l’équipe finlandaise Club4Aces, qui comptait encore récemment dans ses rangs le français Clément Thumy, que vous connaissez si vous êtes de fidèles Slowrollers, le Canadien est une vraie bouffée d’oxygène dans le poker.

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Au-delà du résultat, il fait dire au « grand » Shaun Deeb : « Il surpasse tout le monde, 100 pour 100 du temps, moi y compris. Sa réflexion atteint des niveaux dont je ne soupçonnais même pas l’existence ».

Jonathan « FatalError » Aguiar ajoute : « C’est probablement l’esprit le plus développé à être entré dans l’Histoire du poker, sans aucune exagération », sur les forums américains de 2+2.

Shaun Deeb de conclure en analysant : « Les forums nous conseillent d’éviter au maximum tous les spots difficiles. Sarwer, lui, essaie précisément de rentrer dans le plus grand nombre possibles de ce genre de coups ! ».

Tous ces témoignages recueillis par l’excellent magazine Bluff montrent à quel point Sarwer peut devenir le nouveau diamant du poker…  L’avenir nous le dira. Ce qui est sûr, c’est que l’homme en lui-même est déjà un réel joyau, et qu’il ferait le meilleur ambassadeur pour ce jeu qui souffre toujours autant des préjugés médiatiques ou populaires.

Bergi

Head’s up avec… Fripoker

Rédigé par ezekiel le octobre 8th, 2010, publié dans portrait et interview

Nos entretiens « head’s up » se poursuivent cette semaine avec l’interview croisée de deux personnages bien connus du poker romand. Charly et Tipex, fondateurs du fripoker, ont en effet accepté de répondre à mes questions, parfois vachardes. Sans se laisser déstabiliser, les créateurs du 555 ou du Spring Event nous font partager sans concession leur point de vue sur le poker romand, ses acteurs et joueurs, sans oublier, naturellement, de disserter sur l’interdiction fédérale du 2 juin dernier. À lire sans modération.

Salut les gars, pour commencer, pouvez-vous nous faire une rapide présentation ?
T: Alex ou Tipex ? Bon allez tipex, puisque eu 98.4% des gens m’appellent comme ça, quoique « le guépard » commencerait à grappiller des parts.
J’ai quasi 30 ans, enfin je suis commited. Je suis passionné de photo, de technologie en tout genre et de musique. Je voyage beaucoup c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je me lève pour aller bosser. J’aime bien faire rire les gens, j’adore déconner.

C: Dans la vraie vie, je suis ingénieur en électronique, j’ai deux filles de 7 et 10 ans. J’ai toujours habité à Marly sauf durant sept ans où je travaillais à Zoug.

Pouvez-nous nous présenter votre parcours dans le poker ?
T: J’ai appris avec cinq potes, sans savoir vraiment les règles, on jouait un peu comme ça.
C’était en 1976. Bref on faisait vraiment n’importe quoi. Je me suis intéressé, j’ai dévoré 3-4 bouquins et j’ai attrapé le virus.

C: Je jouais de temps en temps au draw en famille, puis entre potes. Et quand le Hold’em a débarqué il y a quatre ans, j’ai contracté le virus. C’est donc là que j’ai commencé à organiser des tournois chez moi. Comme les résultats suivaient, il était difficile de s’arrêter… Ensuite il y a eu fripoker et le début des tournois légaux. Et là, j’ai remporté mon plus grand tournoi, à savoir le premier tournoi organisé par 100% poker au Quai. Une petite centaine de joueurs à 100.-, ce qui était énorme à l’époque. J’étais heu-reux… Mais conscient que j’ai surtout eu les bonnes cartes au bon moment. Et depuis… Je ne tonds plus mon gazon… Sophie Husqvarna s’en charge.
Ce que j’aime dans le poker, c’est surtout de passer de bons moments avec des gens que j’apprécie. Je n’ai d’ailleurs pas rejoué sur le net depuis un an et demi car il n’y a pas cette dimension sociale et je m’ennuie. Depuis la fin de fripoker, je peux enfin jouer très souvent. Globalement, je dirais que ça roule plutôt bien pour moi, mais je dois jouer avec plus de sérieux si je tiens à m’améliorer.

Hé oui, Charly se concentre, des fois…

Vous êtes connus dans le milieu romand comme étant les piliers de Fripoker, société pionnière dans l’organisation de tournoi; pouvez-nous nous raconter la naissance de ce projet ?
T: J’avais un projet, ils avaient un projet (charly, doc, lafripouille) ils m’ont contacté, on s’est mis ensemble, fripoker est né.
C: C’est mon frangin (Jacques, La Fripouille) qui a pris les devants pour lancer fripoker. Il nous a naturellement parlé de ce projet à Doc et à moi car nous organisions régulièrement des tournois chez nous. Pour étoffer l’équipe, Doc nous a proposé tipex qui se tâtait également pour lancer un projet. Du coup nous étions assez et surtout très complémentaires.

Quelles ont été les plus grandes difficultés qu’il a fallu affronter, à l’époque, pour mener à bien fripoker ?

C: Ça n’a pas été vraiment compliqué. Une fois les démarches administratives effectuées, nous avons acheté le matériel et cherché une salle. Ensuite tout a roulé. Il faut dire que ça a démarré en trombe car nous étions les premiers sur le marché. Notre tournoi d’inauguration (60 places) a été booké en une dizaine de minutes…

Selon vous, qu’est-ce qui a fait votre succès ?
T: la rigueur, les innovations, la constance, la passion.
C: D’abord d’avoir été les premiers sur le marché, ensuite peut-être parce que nous avons toujours cherché à présenter la meilleure offre. Nous nous sommes toujours remis en question afin de viser le sommet. Nous n’avons également jamais hésité à imposer des règles strictes quitte à se mettre à dos certains joueurs car nous savions que cette rigueur payerait à long terme.

Par Fripoker, vous avez largement contribué à faire de Fribourg une place forte du poker en Suisse romande. Pourquoi, selon vous, le jeu a-t-il si bien «pris» dans cette région ?
T: Honnêtement, je sais pas pourquoi dans cette région. Peut-être parce que les taxes sont moins élevées et qu’on peut faire des tournois à bon rake.
Parce que nous les dzos on est cool ??Arf c’est dur de répondre à cette question.
Au début il y avait fripoker et 100%poker qui faisait des tournois en alternance un dimanche sur deux, les gens ont pris l’habitude.. il savait que c’était des tournois de qualité et tout est parti de là je pense.

C: À Fribourg, historiquement les politiciens ont toujours toléré plus qu’ailleurs les jeux d’argents (poutze, lotos, machines à sous…). Peut-être que les dzots franchissent plus facilement le pas.

Quel regard portez-vous sur le niveau de jeu en Suisse romande, pour les tournois live ?
T: Moi qui suis un « reg » de Vegas je peux dire que le niveau est bon.
C: Durant ces 2 ans et demi où le poker était légal, nous avons vu beaucoup de joueurs évoluer. Quel luxe de pouvoir jouer pour 50.- ou 100.- pendant des heures des multi-tables. Rien à voir évidemment avec du cash game en casino où il faut déposer 400.- pour s’asseoir. Ceci a permis à beaucoup de joueurs de faire leurs armes. Le niveau est ainsi monté en flèche. C’est pour ça que le niveau est si bon ici.

En partant de ce constat, pensez-vous qu’un joueur romand puisse tirer son épingle du jeu dans des tournois internationaux ?
T: Certainement bien il n’y ait pas encore de bracelet Suisse (2 runner-up), il y a quand même des belles perfs ! (voir hendon) et dans les gens que je connais, quelques bon ITM, LaFripouille, Blueberry, Claudio, Maxi.
C : J’en suis persuadé ! D’ailleurs bien quelques Romands ont déjà brillé dans des tournois internationaux.

En gros, voilà comment Tipex guépardise…

Vous avez rencontré, durant ces années, de nombreux joueurs de poker. Y en a-t-il que vous pensez être au-dessus du lot (à part vous, bien sûr) ? Qui ?
T: Arf c’est dur d’en citer un. J’aime bien Expatria, Eiriz85, Jack Kincaid, Blueberry et Bergi. J’ai pas beaucoup vu jouer dudumasta mais le score parle pour lui.
Minotaure était en tête du classement à l’arrêt de fripoker et 2ème en 2009), il y aussi Sterco que je n’ai pas vu depuis 2 ans avait un style qui me plaisait.
J’oublie peut être des gens c’est dur comme exercice.
C: En organisant, nous n’avons pas trop l’occasion de scruter des joueurs comme peuvent le faire des joueurs entre eux. Cependant les performances régulières de certains parlent en leur faveur. Il y a beaucoup de joueurs qui sont au top et qui méritent d’être cités, mais je vais dire Bergi car c’est régulièrement mon fossoyeur. J’ai l’impression de jouer avec mes cartes ouvertes contre lui alors que je n’arrive pas à le lire. Et vu son âge, je pense qu’il a un potentiel extraordinaire et je ne serais pas étonné de le voir percer.

Et les plus mauvais?
T: hum on les connait tous, mais je vais pas les citer (rires).
C: Ho la saloperie de question que je vais délicatement botter en touche en disant que ce sont mes deux filles, mais elles ont une bien meilleure marge de progression que leur père. On joue très rarement, mais la petite m’a déjà bluffé. Bon, du coup, elle a été privée de télé, faut pas déconner (rires).

On en a beaucoup parlé, la loi suisse ne permet plus aux organisateurs de proposer des tournois publics. Comment, à Fripoker, avez-vous accueilli la nouvelle ?
T: deux-trois ans de notre vie pendant lesquelles on s’est battu pour faire ce que fripoker est devenu réduit à néant…
C: C’était la douche froide car même si nous savions que ce recours pouvait tout remettre en question, comme tout le monde, nous n’attendions pas un pareil dénouement. Heureusement, notre politique prudente d’investissements nous permet de ne pas perdre d’argent dans cette sale histoire. Je dis souvent que nous sommes ceux qui avions le plus à perdre car ça tournait du tonnerre, mais que nous sommes les plus chanceux car nous roulions sans charge et nous ne laissons une ardoise nulle part.

Sans parler de fripoker, que Pensez-vous de cette interdiction ? Rejouera-t-on bientôt en Suisse ?

T. C’est un coin-flip, mais rien avant 2-3 ans. Les Casinos n’ont rien compris et l’argent peut décidément pousser toutes les décisions dans ce pays.
J’ai l’impression que les gens jouent toujours autant et des plus grandes sommes donc c’est pire…. .
La certitude que j’ai est qu’il n’y a pas plus de gens dans les casinos après cette putain d’interdiction en tous cas à Fribourg. Pour terminer, le seul point positif dans tous ça est que je joue plus souvent.

C: C’est évidemment une aberration. On le voit autour de nous, les parties clandestines sont beaucoup plus dangereuses que les tournois que nous organisions… Je pense que si la voie politique aboutit, ce ne sera pas avant 2 ans. Mais sait-on jamais… On peut rêver un retour plus précoce. Du côté de fripoker, nous sommes dans les starting-blocks, fins prêts ! J’entends à chaque tournoi que je joue des anecdotes sur des joueurs qui ont perdu des centaines de francs. Si le but était de protéger les joueurs, c’est bien l’inverse qui s’est produit.
Ce qui est rageant, c’est de constater que les casinos n’ont pas adapté leur offre…

Aaah, nostalgie, quand tu nous tiens…


Quelle serait la composition de la table finale que vous rêveriez de jouer ?

T: Siège 1 (dealer) : Phil Ivey. Ben c’est le meilleur
Siège 2 (SB) :Miroslave, c’est le gars avec qui je me marre le plus à une table
Siège 3 (BB) : TomDwan, pour terrifier toute la table
Siège 4 : Chino Rheem. Pour avoir discuter 2 fois avec, je le trouve ultra cool et en plus doué.
Siège 5 : Samuel « Jésus-Winny » Lévy: j’ai un coup à lui rendre
Siège 6 : Moi, c’est la meilleure place, avec vu sur tout le monde et proche du dealer
Siège 7 : Shannon Elisabeth
Siège 8 : Phil Hellmuth, pour avoir un gars qui nous fasse rire
Siège 9 : Daniel Negreanu, il est tellement sympa.. et en plus il run pas très bien ces temps

C: Pour moi le poker, c’est avant tout le plaisir de se retrouver entre potes, ce serait chouette de se faire une tablée avec les joueurs avec qui j’ai commencé et les fondateurs de fripoker. Mais je pourrais remplir quatre tables avec tous ceux que j’ai énormément de plaisir à retrouver autour d’une table.

Lieu du tournoi : Casino de Marly (of course)

Siège 1 (dealer) : Moi (car on n’est jamais mieux servi que par soi-même)
Siège 2 (SB) : La Fripouille (en plus c’est lui qui m’a initié au Hold’em)
Siège 3 (BB) : Doc (pour lui péter les as avec une poubelle, justice !)
Siège 4 : t1pex (pour me délecter de son trash talk)
Siège 5 : Claudy (Je l’aime, ce gars)
Siège 6 : Zorglub (pour le bluffer avec T8, bon en même temps il avait aussi T8)
Siège 7 : No expectation (abdos douloureux assurés tellement il est drôle)
Siège 8 : Blueby (pour l’entendre pleurer qu’il ne touche rien alors qu’il gagne 4 tournois de suite)
Siège 9 : On entasse toute la bande du PDM sur une chaise !

Question bonus : quel est le meilleur joueur de vous deux ?
T: Charly en tournoi et moi en cash.
C : En tournoi, on se vaut peut-être, mais en cash game, il guépardise les tables, une vraie terreur.

Quand Charly a des jetons, ça donne ça…

L’anecdote la plus drôle qu’il vous soit arrivé en tant qu’organisateur de tournoi?
T: Au 3ème level d’un tournoi à la Gérine, un gars s’approche du coin TD vers Charly et moi et nous demande d’un ton tout poli:
« Je peux aller aux toilettes ? « 

C : Sincèrement… On pourrait en écrire un livre entier. Mais celle-là est juste énorme. Évidemment que le stack moyen augmente au fur et à mesure des éliminations. Alors quand suite à une élimination, un joueur qui visiblement n’a pas tout capté au poker peste : « Mais putain, faut qu’ils se calment avec leurs augmentations de stack moyen » Juste superbe !

Fribourg ou Vegas ?
T: C’est pas la même chose ??
Non, Vegas c’est toujours pénible après 2 semaines, j’arrive pas à suivre le rythme (rires).

C: Fribourg sans hésiter. C’est sans chauvinisme primitif, c’est juste que Vegas, c’est incroyable… Mais insupportable à vivre. C’est juste bon pour les vacances, pas pour la vraie vie.

Charly, quelle est le secret de fabrication de la liqueur de coing?
C: Il faut leur parler, les caresser et les broyer avec amour…. Alors que ce sont les fruits les plus indigestes du monde, ils s’adoucissent et donnent ainsi la meilleure cugnarde, la meilleure gelée et surtout la meilleure goutte qui soient. Un petit verre ?

Pourquoi le Guépard ?
T: J’ai souvent des expressions bien à moi. Une fois lors d’une partie avec entre autre Berg, Expat, Winny, miro, Doc et Blueby. J’ai dit « oh putain je touche comme un guépard » ça veut rien dire mais bon… ceux qui me connaissent comprendront… et puis c’est resté… Mais bon seul une dizaine de gars m’appelle comme ça (rires).

Il y a un guépard sur cette photo…

Carte blanche : vous pouvez ajouter quelque chose qui vous semble important. Ou pas.
T: Continuez à jouer entre pote, faite attention aux sommes que vous mettez en jeu, ne mettez pas votre famille en danger.
C: Merci à toutes et tous pour tous ces bons moments passés à fripoker. Et félicitations à slowrolled qui apporte vraiment quelque chose à la communauté du poker romand.
Et que Dame-Dix soient avec vous !

Merci à vous, les gars, on espère pouvoir très vite à nouveau pouvoir s’asseoir aux tables estampillées « fripoker ».

Head’s up avec … Serge Didisheim

Rédigé par Bergi le octobre 2nd, 2010, publié dans portrait et interview

En remportant la deuxième épreuve des France Poker Series, succédant à José Barbero du Team PokerStars (mais devançant 398 joueurs contre 146 pour l’Argentin), Serge Didisheim a placé la barre de la meilleure performance romande encore plus haut que Maxi ne l’avait fait à Baden, sa victoire créant un véritable « buzz ».

En exclusivité pour slowrolled, celui que l’on connaît sous le pseudo « Imagine » a accepté de revenir sur les moments-clés de son tournoi, sur sa vision sur le poker, et ses prochains objectifs. Rencontre avec un joueur sur son nuage, mais qui garde la tête sur les épaules.

Serge concentré au début du tournoi

SLOWROLLED : Salut, Serge! Tout d’abord, encore une fois toutes nos félicitations! J’imagine que c’est une grande satisfaction… As-tu réalisé, déjà?

SERGE DIDISHEIM : Tout s’est passé très vite, si vite que le matin même, je n’ai pas eu beaucoup de temps pour digérer : un petit crochet rapide par la maison à Lausanne, et j’étais de retour au travail. Mais c’est sûr que revenir de Divonne avec le trophée est très plaisant, et qu’avec toute l’adénaline qui m’habitait ce matin-là, je ne suis pas sûr que j’aurais pu dormir de si tôt!

Après ma victoire, sur le coup des 4 ou 5 heures du matin, il a fallu environ une heure et demie de formalités pour que je puisse quitter le casino. Maquillage, photo officielle, entretien avec les journalistes : autant de procédures dont on se passerait bien après plus de 30 heures de poker presque sans interruption. Bien évidemment, dans ces circonstances, c’est avec plaisir qu’on s’y prête.

Pour l’anecdote, une journaliste qui devait m’interviewer (ndlr : le tournoi a été en partie filmé en vue d’une diffusion avant le début de la Saison 2, semble-t-il sur Direct 8 ) a dû elle-même s’y reprendre à de multiples reprises, tant elle n’était plus capable d’aligner deux mots à cause de la fatigue! Et elle n’a pas joué…

Un véritable marathon, donc. Plusieurs lecteurs nous ont demandé s’il était possible que tu reviennes sur quelques moments-clés de ton tournoi ?

Très volontiers! Comme je l’avais dit au moment du premier chipcount en vidéo réalisé par slowrolled, je me suis rapidement retrouvé shortstack. Cela a drastiquement limité ma marge de manoeuvre, et j’ai très vite été contraint à jouer uniquement pré-flop, en usant des armes de steal et de re-steal.

Une main très curieuse m’a notamment fortement affaibli : je relance A7 en fin de parole, dans le but de voler les blindes, qui devaient être de 200-400.

Un joueur me paie depuis les blindes, et le croupier dévoile un flop 10-4-2, tout à carreau. Ayant l’as de carreau, mon objectif est simple : je fais un continuation bet après le check adverse, dans le but de me commit et de mettre au milieu le reste de mon stack. Or, très surprenant, mon adversaire choisit l’option la moins probable : il paye simplement ma mise. Je ne m’attendais pas vraiment à cela, jugeant bien plus logique qu’il parte à tapis ou passe…

Au turn apparaît un roi de pique. Mon adversaire checke à nouveau, et je suis au devant d’une décision pas évidente : il ne me reste à peu près qu’une mise de la taille du pot, et mon équité du flop est fortement redescendue. D’autre part, je pense que mon adversaire doit s’attendre à ce que je mette le reste de mon tapis au turn, et, ayant l’as de carreau, il est moins probable qu’il ait payé à tirage au flop et que je réussisse à le faire passer. Je choisis donc de checker également, me laissant l’option de voir la rivière.

Celle-ci n’est pas un carreau, mais améliore néanmoins ma main : c’est un as de coeur. C’est alors que mon adversaire entreprend à nouveau une action surprenante : dans un pot de 10’000 environ et alors qu’il me reste, comme déjà dit, approximativement la même somme, il mise 2’500. Je ne sais pas vraiment comment interpréter cette action ; cependant, je pense qu’il s’agit d’un blocking bet d’une paire intermédiaire ou d’un dix (éventuellement roi-dix ou as-dix pour deux paires). Il est absolument inutile de relancer, mais je ne me vois pas passer avec les cotes de pot offertes. Je paie donc la somme, et mon adversaire abat Roi-Dame de carreau, pour la couleur floppée! Même si je descends en-dessous de 20 blindes, je m’estime être presque un miraculé, sauvé par la ligne pour le moins mauvaise adoptée par mon adversaire.

Je me retrouve donc shortstack, et n’ai que peu d’occasions de réagir, ce d’autant plus que les blindes ont encore augmenté. Je suis cependant confiant, puisque je n’ai pas pour habitude de dilapider mon équité dans un tournoi, aussi petite soit-elle, et je sais me montrer patient, même s’il me faudra un coup de pouce du destin pour revenir en jeu.

Celui-ci va d’ailleurs venir : j’ai moins de huit blindes au bouton, et je découvre Dix et Sept de trèfle. Pas de doute à avoir, c’est le moment de pousser mon tapis, avec une main qui se comporte plutôt bien contre des grosses cartes, et surtout une bonne fold equity, mon tapis représentant encore une somme pour les blindeurs (en plus de mon image solide). Malgré cela, scénario catastophe : la petite blinde part à tapis, et la grosse blinde paie tout le monde dans la seconde! Peu de suspense au dévoilement des jeux : la petite blinde a une paire de valets, et la grosse blinde une paire d’as… Comme vous pouvez l’imaginer, je remporte le coup grâce une suite sur un board 6-x-8-9-x, et triple mon tapis afin de me remettre dans la course.

Je suis conscient que c’est un coup de chance assez extraordinaire, mais il en faut parfois…

J’ai disputé un deuxième coup-clé, bien plus tard dans le tournoi, au Jour 2 : les blindes sont désormais de 8’000 et 16’000, la grosse blinde représentant plus de la moitié d’un tapis de départ. Deux joueurs limpent, et je découvre une paire de rois. Je relance à 60’000 en position, somme dont s’acquitte un des deux joueurs. Au vu des profondeurs respectives, limp/call n’est pas très bien joué de sa part, puisque nous sommes vraiment pas assez profonds pour aller voir des flops…

Le flop, justement, vient 7-6-4. Pas le meilleur des flops, certes, mais j’ai de la peine à imaginer que mon adversaire ait payé une part importante de nos tapis effectifs avec une main qui puisse avoir percuté ce flop. Ceci dit, mon adversaire pousse instantanément le restant de son tapis au milieu (il me couvre)!

Bien sûr, il peut être devant, mais j’estime avoir un call automatique, tant il y a beaucoup de paires intermédiaires dans sa range, et que nous sommes impliqués par nos actions avant le flop. Je m’acquitte de la somme, avant de m’effondrer lorsque je vois sa main : deux sept pour le brelan max! Vous imaginez bien évidemment la suite du coup, sans quoi cet article n’aurait jamais paru…

Au-delà de ces deux coup de chance, j’ai été plutôt solide, j’ai aussi perdu quelques coups malchanceux. J’ai veillé à garder une ligne de conduite plutôt conservatrice, mais agressive lorsque je m’engageais dans les coups, avec succès. Même si l’on retient souvent les coups de chance, il faut savoir que j’ai lutté l’ensemble des deux jours en-dessous de la moyenne, sans pour autant avoir à montrer mes cartes! Après la bulle, j’ai bien su optimiser mes chances en doublant mon tapis juste avant la table finale.

Parlons un peu de cette table finale, que tu abordes avec, si je me souviens bien, le 3ème tapis. Mais tout le monde se tient dans un mouchoir de poche! Comment as-tu tiré ton épingle du jeu?

En effet, c’était très serré, et très tendu aussi, puisque le 9ème remportait environ 9’000€ alors que le gagnant en prenait 100’000 de plus!

Hormis les situations de vol, que j’ai bien su prendre, j’ai bénéficié d’une configuration assez extraordinaire : un joueur relance au début de parole et un autre fait tapis (le tapis moyen est d’environ 25bb). C’est alors que je me dis que ce serait l’occasion rêvée pour avoir une première fois les as dans le tournoi. Je regarde mes cartes une fois la parole arrivée à moi, et comme dans un rêve : J-6 offsuit! Non, deux flèches bien sûr :-) . Je fais tapis à mon tour, le premier relanceur s’écarte, et je joue contre 9-9. Le flop me fait souffrir : trois trèfles, offrant un tirage couleur à mon adversaire. Mais fort heureusement, mes craintes ne se concrétisent pas et je remporte la confrontation, me plaçant dans le peloton de tête alors que nous ne sommes plus que 4 autour de la table.

La partie à 4 a été assez particulière, avec un joueur très agressif au bouton lorsque j’étais en grosse blinde. Je l’ai ainsi vu relancer trois fois ma blinde, sans que je réponde, faute de quoi le faire (et préférant patienter un peu avant de m’engager dans une bataille à haute variance). La quatrième fois, il relance à nouveau. Je regarde mes cartes : As-Dix de coeur. Là, je me stoppe quelques instants, et observe mon adversaire. Il n’a pas relancé de la même manière que les autres fois, et j’ai vraiment une intuition qu’il a un gros jeu, quand bien même je suis fortement devant sa range avec ma main. Je décide donc de passer. Dans la seconde, l’adversaire montre fièrement une paire de valets!

Hormis le fait d’être bête de montrer ses cartes, ce fait de jeu m’apporte ainsi l’information qu’il était sûrement light les autres fois ; je l’attends au tournant.

Et, comme souvent dans ce tournoi, les choses se sont enchaînées positivement : alors qu’il venait de perdre un gros coup, le joueur en question relance au bouton. Je soulève as-valet, et cette fois, pas de tergiversation possible : je pousse tous mes jetons. A peine ceux-ci ont franchi la ligne qu’il se torture sur sa chaise, remuant dans tous les sens sans savoir quoi faire. J’espère bien évidemment qu’il a un moins bon as, mais il finit par payer avec KQ! Je suis devant certes, mais cela m’ennuie de risquer tous mes jetons et mon équité dans le tournoi avec uniquement 60% de chances de gagner avant le flop…

Heureusement, pas de mauvaise surprise et je passe un nouvel obstacle : nous entamons une partie à 3. Là, les choses se simplifient : grâce à l’élimination du 4ème joueur, j’ai le plus gros tapis, tandis que les deux autres ont un stack pour ainsi dire équivalent. Nous discutons quelques instants d’un éventuel deal, auquel je ne suis pas foncièrement opposé, mais qui fragiliserait ma position : grâce à mon gros tapis, je peux en effet mettre une grosse pression sur mes deux adversaires, avec un écart 3ème-2ème place de 20’000€. Finalement, aucun deal n’est fait, et, scénario idéal, quelques mains plus tard, mes deux adversaires s’affrontent à tapis.

Me voilà en heads-up! Alors que je m’attends à une longue bataille, celui-ci n’aura duré que trois mains. Après avoir remporte les deux premières, il relance une 3ème fois. Muni d’As-Roi, je 3-bet puis paye son tapis instantané.

Il a une paire de cinq, et le suspense est à son comble : c’est un coup parfait de pile ou face qui déterminera – certainement – le vainqueur de ce France Poker Series. Un flop A-K-Q me place très largement en tête, et je le resterai, pour la conclusion que vous connaissez.

Gros jour de paye pour « Imagine », qui empoche 109’000€ nets d’impôts!

Confiance, concentration et esprit d’analyse, avec en plus un peu de réussite, c’est sûr que ça fait rêver! Merci pour ce récit très détaillé… Peu de romands (et encore moins nos amis français ou belges) te connaissent réellement : peux-tu te présenter, pokéristiquement parlant?

Cela fait maintenant des années que je joue, pas seulement au poker, mais à divers jeux (backgammon, par exemple). Je jouais déjà au poker en Limit lors des balbutiements du poker online, avant même l’avènement du No Limit.

Actuellement, je joue à la fois online et en live. En ligne, je joue un peu de tout, mais de préférence du Cash Game en Limit, à des blindes variables mais plutôt hautes. Mon volume de jeu peut aller jusqu’à 20 heures par semaine.

Cependant, mes obligations professionnelles restreignent mes possibilités. J’ai une politique claire au niveau de la gestion de mon argent et de mon temps : je me fixe quelques gros tournois au début de l’année auxquels j’aimerais (et je pourrais) participer, et essaie de m’y qualifier en ligne. Je m’estime d’ailleurs plutôt chanceux, dans la mesure où j’ai toujours pu me qualifier pour les tournois prévus. De fait, je ne paie jamais mon buy-in au-delà d’une somme raisonnable.

Avec ton gain à Vegas (ndlr : 50’000$), ainsi que celui-ci, ta position pourrait-elle changer?

Non. Et pour plusieurs raisons : premièrement, je n’envisage pas de réduire ma part professionnelle pour m’adonner davantage au poker. Cette répartition de mon temps me va très bien. Deuxièmement, j’ai conscience, comme tout bon joueur le devrait, de la variance très forte qui régit les tournois, d’autant plus en live en ne disputant que peu de tournois.

Ainsi, le constat est vite fait : en 2010, j’avais prévu de faire l’EPT de Berlin, le Main Event des WSOP et un troisième grand tournoi. Je me suis qualifié pour les deux premiers, et j’ai à chaque fois fait l’argent, dont deux gros « cashes ». Je suis évidemment conscient que, même si j’ai mis toutes les chances de mon côté, j’ai eu le destin avec moi, ce fameux « good run ». Il faut donc faire la part des choses et comprendre qu’il n’est pas du tout judicieux d’engager mes gains pour buy-in directement des gros tournois avec pour seul argument que « maintenant, j’ai les moyens » et ainsi dilapider mon capital…

Deux mots sur ton programme futur?

Volontiers. En tant que vainqueur d’un tournoi estampillé FPS, je suis qualifié d’office pour la grande finale, qui se tiendra à Paris. Je vais également disputer le FPS de Lyon, en novembre.

Le palmarès de Serge sur TheHendonMob.com

Un autre objectif est de me qualifier pour l’EPT de Deauville, auquel j’ai toujours eu envie de participer. Si je ne m’y qualifie pas, je m’accorderai un petit plaisir et m’autoriserai un écart de discipline en payant le buy-in.

A plus long terme, je suis qualifié d’office pour le Main Event WSOP 2011, grâce à ma qualification sur Full Tilt associée à une entrée dans l’argent (ndlr : Full Tilt offrait la place pour le ME 2011 aux qualifiés online ITM au tournoi).

La belle vie, en somme! Je pense que tu ne regrettes donc pas trop les tournois en Romandie…

Au contraire, même si je me suis toujours positionné en retrait sur la scène romande, préférant disputer des grands événements lorsque mon emploi du temps me le permettait, c’était toujours un plaisir de venir à Fripoker et de bavarder avec les quelques romands que je connaissais bien.

De ce point de vue là, l’interdiction prônée par le TF est une aberration, je l’ai d’ailleurs déjà dit lors de l’entrée en vigueur de la loi. C’est d’autant plus dommage que cela a coïncidé avec la fondation de la Team Swiss Romand, dont les quelques membres que je connaissais étaient de bons joueurs, que j’aurais eu plaisir à croiser lors d’événements plus importants.

J’ai d’ailleurs toujours un peu peur que le Conseil Fédéral ou quelque autre autorité que ce soit décide de nous interdire purement et simplement de jouer online, ou en nous cloisonnant « à la Française ».

Croisons les doigts…

Serge, lors du Winter Event de Fripoker

Sur ce plan là, on ne peut pas te contredire!


Merci beaucoup, Serge, pour ta disponibilité et ta lucidité sur tous les coups que tu as joués. Je pense également que tu représentes un modèle de discipline et de gestion de bankroll…

Au plaisir de te revoir sur un événement couvert par Slowrolled, à commencer par le FPS de Lyon!

Merci à vous, et merci également à tous ceux qui m’ont félicité ou laissé un petit mot sur les différents médias, cela me fait chaud au coeur!


N’hésitez pas à réagir à cette interview ou à poser vos questions, auxquelles l’intéressé viendra sans doute répondre!

© Bergi ♣ Slowrolled.com / Septembre 2010 – Reproduction interdite sans autorisation expresse.

trash talk

  • lUI: elle est vraiment belle
  • heureur: enfin une bonne nouvelle. C’et...
  • Incognito: sick life F…..the TF vive...
  • drcruz: Dommage, des coverages de qualité, des...
  • Karma: Dommage ! Z’étiez bon !
  • Jurassik: oui, un grand dommage. je comprend ta...
  • Kaisersauze: Arfff, dommage, quel bad beat pour...
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